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Enrico Letta suspend la taxe sur les résidences en Italie

Lors de son discours de politique générale, le nouveau président du Conseil italien, Enrico Letta (au centre), ici dans la Chambre des députés, a fait une concession à l'aile droite de son gouvernement de coalition en annonçant lundi la suspension de la t

Lors de son discours de politique générale, le nouveau président du Conseil italien, Enrico Letta (au centre), ici dans la Chambre des députés, a fait une concession à l'aile droite de son gouvernement de coalition en annonçant lundi la suspension de la t - -

par James Mackenzie ROME (Reuters) - Le nouveau président du Conseil italien, Enrico Letta, a fait une concession à l'aile droite de son...

par James Mackenzie

ROME (Reuters) - Le nouveau président du Conseil italien, Enrico Letta, a fait une concession à l'aile droite de son gouvernement de coalition en annonçant lundi la suspension de la taxe impopulaire sur les résidences principales (Emu).

Et il a promis une réforme de la loi électorale, elle aussi décriée.

Enrico Letta s'est prononcé pour une politique européenne orientée vers plus de croissance, déclarant à la Chambre des députés dont il sollicite un vote de confiance : "Nous mourrons de la seule consolidation budgétaire, une politique de croissance ne peut attendre plus longtemps".

Lors de son discours de politique générale, deux jours après la formation de son gouvernement, l'orateur a également lancé : "De la seule austérité l'Italie mourra".

Il s'est engagé à honorer les engagements européens pris en matière de discipline budgétaire par l'Italie, troisième économie de la zone euro, annonçant une tournée à Berlin, Paris et Bruxelles dans les jours à venir.

Les marchés ont accueilli favorablement la formation d'une large coalition. L'Italie a adjugé six milliards d'euros de dette sur des échéances de cinq et dix ans, avec des rendements revenus à leurs plus bas niveaux depuis octobre 2010.

Mardi, ce sera au tour du Sénat de voter la confiance au successeur de Mario Monti au palais Chigi.

"GOUVERNEMENT DE SERVICE"

Le président du Conseil entend réformer d'ici le prochain scrutin national la loi électorale unanimement critiquée.

"Nous devons nous engager solennellement à faire en sorte que la consultation parlementaire des 24 et 25 février soit la dernière organisée en vertu de la loi électorale actuelle", a-t-il dit en précisant que la nouvelle loi apporterait des garanties pour renforcer la stabilité de l'exécutif.

Enrico Letta a promis de faire dans les 18 mois un bilan d'étape des progrès réalisés par son "gouvernement de service" et de "tirer toutes les conséquences" au cas où ses projets seraient bloqués par des vetos de nature politique.

S'agissant de l'Imu, dont Silvio Berlusconi et sa formation, Peuple de la Liberté (droite), ont fait de l'abolition une condition de leur soutien au cabinet Letta, les paiements venant à échéance en juin seront suspendus avant un réexamen en profondeur de cet impôt impopulaire.

Mais Enrico Letta n'est pas allé jusqu'à promettre la suppression pure et simple de cette mesure, réintroduite l'an dernier par le gouvernement Monti.

Il a aussi formé le voeu que la hausse projetée de la TVA, dont le taux principal devrait passer de 21 à 22% en juillet, pourrait être retardée.

Le président du Conseil a par ailleurs prôné une réforme du système de protection sociale, qui est dépassé et inadéquat, et a-t-il dit doit être "plus universel, plus axé sur les jeunes et les femmes et étendu à ceux qui ne sont pas couverts, notamment les travailleurs à temps partiel".

Il s'est engagé à travailler avec les syndicats pour tenter de réduire le chômage et a annoncé symboliquement que la première mesure que prendra son gouvernement sera une baisse du salaire des parlementaires.

BERLUSCONI INCONTOURNABLE

L'investiture d'Enrico Letta, 46 ans, figure de l'aile droite du Parti démocrate de centre gauche, fait suite à deux mois de blocage politique sur fond de crise économique.

L'avenir de son gouvernement, constitué sur la base d'une large coalition entre droite, gauche et centre, dépendra néanmoins beaucoup du tact dont il saura faire preuve, l'alliance avec la droite étant mal vécue par un certain nombre de parlementaires de sa formation de centre gauche.

Menacé par des risques de tension de ne pas arriver au terme de son mandat, le nouvel exécutif devrait en outre faire adopter rapidement les réformes jugées cruciales, dont celle donc du code électoral, et une réduction de la taille du Parlement.

La composition du gouvernement résulte d'un savant dosage entre les différents partis traditionnels du pays.

Silvio Berlusconi, cerné par les affaires judiciaires (fraude fiscale, prostitution de mineure et abus de pouvoir), n'est pas membre du gouvernement, mais le "Cavaliere" est redevenu incontournable et jouera un rôle important en coulisse.

Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Gilles Trequesser