BFMTV

Emprisonnée dans une prison pour femmes, une transgenre accusée de viol sur ses codétenues

-

- - GERARD JULIEN / AFP

Karen White, transgenre de 52 ans, avait été condamnée pour viol en septembre 2017.

En septembre 2017, Karen White, une transgenre de 52 ans, est condamnée au Royaume-Uni pour viol. Affirmant se sentir femme, les autorités acceptent de la placer dans une prison réservée aux femmes à Wakefield, dans le nord du pays, relate le journal britannique The Telegraph, même si elle n' a pas subi de chirurgie pour changer de sexe.

En août dernier, celle qui a toujours nié les faits pour lesquels elle est condamnée, est de nouveau devant les juges, accusée cette fois d'agressions sexuelles sur plusieurs de ses codétenues. Certaines assurent par exemple que Karen White leur aurait fait des avances, d'autres qu'elle les auraient forcées à effectuer des attouchements sexuels. Dans deux cas sur quatre, Karen White avoue et plaide coupable.

Une enquête visant les autorités carcérales

Selon la loi britannique, une personne doit en effet être incarcérée selon son état civil. Si la personne est transgenre, un comité doit se réunir pour trancher la question, prenant en compte l'histoire et le casier judiciaire du futur détenu. Dans le cas de Karen White, ce comité ne s'est jamais réuni.

Une enquête a donc été ouverte pour déterminer s'il y a eu des erreurs de la part des autorités carcérales. "Nous nous excusons sincèrement pour les erreurs qui ont été faites dans ce dossier", a déclaré un porte-parole de la prison. "Si nous travaillons au bien-être de tous nos prisonniers, y compris les transgenres, la sécurité de nos détenues doit être notre priorité absolue."

"Il ne devrait n'y avoir aucun homme, jamais, dans les prisons pour femmes."

"Cette affaire montre que le travail des autorités carcérales n'est pas suffisant puisqu'il permet à un violeur, avec un sexe masculin, à entrer dans une prison pour femmes et à les agresser", a réagi Nicola Williams, porte-parole de l'association féministe Fair Play for women, qui plaide pour préserver les espaces dédiés aux femmes. "Il ne devrait n'y avoir aucun homme, jamais, dans les prisons pour femmes."

"C'est exactement ce sur quoi les féministes ont voulu alerter dans la redéfinition du sexe et du genre: le risque que des personnes comme Karen White, qui ont un motif sexuel clair puissent pénétrer dans des prisons pour femmes et en profiter", a déploré de son côté la féministe Sarah Ditum. 

Karen White, qui a déjà été détenue en 2001 pour des faits d'indécence grave envers un enfant, a été transférée dans une autre prison et sera jugée le 11 octobre prochain à Leeds.

Cy.C