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Ebola: que risque la France avec l'arrivée d'un premier cas sur son sol?

Une infirmière militaire revêt la tenue de protection contre le virus Ebola, à l'hôpital Bégin, à Saint-Mandé, le 4 septembre 2014.

Une infirmière militaire revêt la tenue de protection contre le virus Ebola, à l'hôpital Bégin, à Saint-Mandé, le 4 septembre 2014. - Thomas Samson - AFP

Alors que la fièvre Ebola a fait plus de 2.600 morts en Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année, la France va accueillir une première patiente contaminée par le virus sur son territoire. Une situation dangereuse?

En accueillant un premier cas d'Ebola sur son territoire, la France s'expose-t-elle à des risques d'épidémie? Une volontaire française de Médecins sans Frontières (MSF) a été contaminée par le virus au Liberia, où la maladie a fait le plus de victimes. Elle va rentrer en France pour être soignée dans un hôpital de la région parisienne, probablement ce jeudi.

Dans un communiqué diffusé mercredi soir, les ministères des Affaires étrangères et de la Santé ont assuré que son rapatriement serait fait "dans des conditions de sécurité maximale, dans un avion médicalisé dédié". Quel est le niveau de sécurité sanitaire autour de ce transfert? La France est-elle équipée pour faire face à ce virus mortel et contagieux? Eléments de réponse.

• Que risque la France avec l'arrivée de ce premier cas d'Ebola?

Compte tenu du dispositif de sécurité déployé autour du retour de cette patiente, il y a très peu de risques que la France se retrouve subitement exposée au danger Ebola. Cette ressortissante française malade va être transférée à l'hôpital Bégin, à Saint-Mandé, en région parisienne, dans un circuit totalement sécurisé. "L'hôpital Bégin est équipé de deux chambres à pression négative (qui retiennent l'air contaminé à l'intérieur de la chambre, pour éviter qu'il ne s'échappe, NDLR), susceptibles d'accueillir des patients atteints du virus Ebola", a ainsi précisé le médecin-chef des armées, Chantal Roche.

Par ailleurs, des précautions extrêmes vont être prises pour éviter toute contamination. Une situation facilement gérable lorsqu'il n'y a que très peu de patients et un système sanitaire performant. C'est pourquoi tous les spécialistes se montrent confiants quant à la capacité de la France à éviter la propagation du virus.

• Le personnel de santé français est-il plus exposé?

En Afrique, le virus Ebola a fait 120 décès parmi les médecins, infirmières et autres soignants travaillant au Liberia, en Sierra-Leone, en Guinée et au Nigeria, selon un bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), établi fin août. Comme la Française de MSF, plusieurs médecins et humanitaires étrangers ont contracté la maladie sur place.

En France en revanche, une telle contamination a peu de chances de se produire, grâce aux mesures de sécurité draconiennes mises en place. De plus, le personnel soignant est loin d'avoir à gérer une multitude de patients Ebola, à l'inverse de ses confrères de MSF présents sur le terrain. "Il est sûr que toutes les équipes qui vont prendre en charge cette personne ont été parfaitement entraînées et sont identifiées. Il n'y aura pas de sortie du virus de l'hôpital de Saint-Mandé", fait valoir Alain Ducardonnet, spécialiste santé de BFMTV. "Elle va arriver dans une bulle, elle va aller dans un endroit parfaitement confiné. Il n'y a donc pas de risque Ebola à Paris, soyons clair".

Et d'insister: "Premièrement, le virus Ebola n'est pas dans l'air, à la différence du virus de la grippe. Ensuite, les mesures d'hygiène et de contrôle ont été renforcées. Ce ne sont pas du tout celles qui ont pu être appliquées au Liberia. Les gants et les blouses sont doublés, donc même en cas d'erreur de manipulation, de piqûre, il n'y aura pas de contamination directe".

• Quels sont les traitements disponibles face au virus?

Il n'existe pour l'instant aucun vaccin ni traitement homologué contre Ebola. Mais les malades peuvent bénéficier de traitements symptomatiques tels que la réhydratation avec "monitorage" (mesure du volume sanguin, du potassium, etc.). Des anti-douleurs ou des traitements contre la fièvre peuvent également être administrés. 

Il existe par ailleurs des traitements expérimentaux dont le Zmapp, un cocktail de trois anticorps "monoclonaux", administré notamment à deux Américains, dont le Dr Kent Brantly, 33 ans, et la missionnaire Nancy Writebol, 60 ans qui ont tous deux guéri. Un prêtre espagnol de 75 ans et un médecin libérien qui avaient également reçu ce médicament sont en revanche décédés. Par ailleurs, deux vaccins expérimentaux seront bientôt testés cliniquement, en Suisse.

Parmi les autres traitements candidats figure l'Avigan, un antiviral japonais déjà homologué pour la grippe et testé sur des singes contre le virus Ebola. L'OMS a également mentionné récemment les transfusions de sang ou de sérum de personnes guéries pour apporter les anticorps nécessaires aux malades.

Adrienne Sigel, avec AFP