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Dix étudiants refusés à Harvard pour des messages privés sur Facebook

L'université de Harvard, aux Etats-Unis

L'université de Harvard, aux Etats-Unis - Commons Wikimedia

La prestigieuse université américaine a décidé de ne pas scolariser dix étudiants qui devaient pourtant y être admis prochainement. En cause: des conversations privées sur Facebook, aux caractères "sexuellement explicites" et offensants.

"Harvard memes for horny bourgeois teens" ("Mèmes de Harvard pour des ados bourgeois et chauds"): c'est le nom du groupe privé Facebook qui a mis le feu au poudre pour 10 étudiants qui devaient faire leur rentrée dans l'université américaine la plus réputée, relate BuzzFeed.

Ces jeunes, également inscrits sur le groupe privé Facebook "Harvard College Class of 2021" ("Promotion 2021 de l'université Harvard"), échangeaient des messages "sexuellement explicites".

"Certains mèmes et des images se moquaient d'agressions sexuelles, de l'Holocauste et de la mort d'enfants. Quelques messages plaisantaient sur le fait que l'abus sexuel d'enfants pouvait s'avérer être excitant, tandis que d'autres visaient des ethnies ou groupes raciaux spécifiques. Quelqu'un a ainsi qualifié l'hypothétique pendaison d'un enfant mexicain 'piñata time'", rapporte le Crimson, journal officiel de l'université d'Harvard, qui a pu se procurer certaines captures d'écran.

Après cette découverte, l'administration de l'université a donc décidé de révoquer les admissions proposées à ces étudiants à la mi-avril.

Des discussions qui ont dérapé au bout de quelques semaines

Ce groupe Facebook a commencé à inclure une centaine d'inscrits, lorsque les membres de "Harvard College Class of 2021" ont partagé, au mois de décembre 2016, des mèmes au sujet de la culture populaire. "Beaucoup d'étudiants étaient enthousiastes à l'idée de former un groupe de discussion avec des personnes partageant les mêmes centres d'intérêt", a écrit dans un mail une étudiante de 21 ans, inscrite dans les deux groupes. Elle précise qu'initialement, les messages publiés étaient "bien intentionnés". 

Contacté par BuzzFeed, un autre futur étudiant de Harvard confie: "Les quatre premiers mois, c'était bien. Il s'agissait juste de discussions à propos de la vie, comme un forum ouvert aux gens pour discuter". Mais les sujets de conversations ont vite dérapé.

Malaise au sein de la communauté étudiante

En effet, les fondateurs du groupe controversé ont décidé de lancer un défi aux futurs étudiants, en les encourageant à écrire des messages plus provocants.

"Ils disaient 'Oh, vous devez envoyer un mème au groupe original pour prouver que vous pouvez entrer dans le nouveau', explique Cassandra Luca au Crimson. C'était un 'ce-n'est-pas-parce-que-nous-avons-été-admis-à-Harvard-que-nous-ne-pouvons-pas-plaisanter'".

Plusieurs témoins, dont certains anonymes, ont affirmé à BuzzFeed que les étudiants incriminés regrettaient leurs actions, estimant être "allés trop loin". 

Cependant, la décision prise par l'université a divisé de nombreux élèves aux Etats-Unis: en effet, certains d'entre eux débattent de la protection de la liberté des propos offensants ou gênants.

"Je ne pense pas que l'université devrait avoir le droit de proposer puis de refuser des admissions, car l'image de Harvard n'était pas en jeu. C'étaient simplement des gens qui faisaient n'importe quoi", poursuit Cassandra Luca auprès du Crimson.

Alexandra Milhat