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Disparition de Khashoggi : Trump menace Ryad, délégation saoudienne à Istanbul

Donald Trump - Image d'illustration

Donald Trump - Image d'illustration - Nicholas Kamm / AFP

L'Arabie Saoudite devrait s'attendre à "un châtiment sévère" selon le président américain.

Disparu depuis le 2 octobre dernier, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi n'a toujours pas donné signe de vie depuis son entrée au consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul, où il a été vu pour la dernière fois. Dans le cadre de cette affaire, le président américain Donald Trump a estimé que l'Arabie saoudite pourrait être derrière cette disparition, la menaçant dans ce cas d'"un châtiment sévère", tandis que Ryad dément avoir donné l'ordre de tuer ce journaliste dissident.

Une délégation saoudienne doit s'entretenir ce week-end à Ankara avec des responsables turcs dans le cadre de l'enquête sur cette affaire qui a suscité la vive inquiétude de plusieurs pays occidentaux dont les Etats-Unis où Jamal Khashoggi s'était exilé en 2017.

"Pour l'instant, ils (les Saoudiens, ndlr) démentent (leur implication) et la démentent vigoureusement. Est-ce que ça pourrait être eux ? Oui", a dit Donald Trump dans un entretien avec la chaîne de télévision CBS, enregistré jeudi et diffusé samedi.

"Fausses accusations contre l'Arabie saoudite"

Donald Trump a ajouté que si l'Arabie saoudite s'avérait effectivement responsable, il y aurait "un châtiment sévère".

"Ce qui a été rapporté au sujet d'ordres de le tuer est un mensonge et une allégation infondée", a de son côté réagi samedi -dans des propos reproduits par l'agence de presse officielle SPA- le ministre saoudien de l'Intérieur Abdel Aziz ben Saoud ben Nayef.

Il s'agit, a-t-il dit, de "fausses accusations contre l'Arabie saoudite (...) au sujet de l'affaire de la disparition du citoyen Khashoggi".

Ce journaliste collaborant notamment avec le Washington Post et critique du prince héritier Mohammed ben Salmane est allé le 2 octobre au consulat saoudien chercher un document nécessaire à son futur mariage. 

Quatre jours plus tard, des responsables turcs cités par les médias ont affirmé qu'il avait été tué dans ce bâtiment, des allégations aussitôt qualifiées d'"infondées" par l'Arabie saoudite, d'autant plus embarrassée par cette affaire qu'elle doit accueillir un sommet économique de premier plan du 23 au 25 octobre.

Délégation composée de onze personnes

La délégation saoudienne arrivée vendredi à Ankara doit notamment prendre part aux travaux d'un groupe de travail sur la disparition de Jamal Khashoggi, dont la création a été annoncée par le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Cette délégation est constituée de onze personnes et a inspecté vendredi le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, d'après la chaîne de télévision turque NTV, mais sa composition demeurait inconnue. 

"Une source officielle (saoudienne, ndlr) s'est félicitée de la réponse positive de la Turquie à la demande de l'Arabie saoudite de former une équipe conjointe de spécialistes" des deux pays pour "enquêter sur les circonstances de la disparition" de M. Khashoggi, a quant à elle écrit SPA sur son compte Twitter.

HS avec AFP