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Dialogue relancé au Proche-Orient, Netanyahu le souhaite direct

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Les "pourparlers de proximité" visant à relancer le processus de paix au Proche-Orient ont été lancés dimanche, ont annoncé les Palestiniens, alors qu'Israël souhaitait déjà les voir rapidement muer en un

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Les "pourparlers de proximité" visant à relancer le processus de paix au Proche-Orient ont été lancés dimanche, ont annoncé les Palestiniens, alors qu'Israël souhaitait déjà les voir rapidement muer en un - -

JERUSALEM - Les "pourparlers de proximité" visant à relancer le processus de paix au Proche-Orient ont été lancés dimanche, ont annoncé les...

par Mohammed Assadi

JERUSALEM (Reuters) - Les "pourparlers de proximité" visant à relancer le processus de paix au Proche-Orient ont été lancés dimanche, ont annoncé les Palestiniens, alors qu'Israël souhaitait déjà les voir rapidement muer en un dialogue direct.

De leur côté, les Etats-Unis ont invité les deux camps à éviter toute initiative qui nuirait aux efforts de paix, prévenant que si l'une ou l'autre partie prenait de telles initiatives, Washington lui demanderait "des comptes afin que les négociations continuent".

"Je peux déclarer officiellement aujourd'hui que les pourparlers de proximité commencent", a dit Saëb Erekat, chef des négociateurs de l'Autorité palestinienne, après un entretien entre son président Mahmoud Abbas et l'émissaire américain au Proche-Orient, George Mitchell.

Initiateur de ces discussions sous forme de navettes, destinées à relancer le dialogue entre Israël et les Palestiniens après 18 mois d'impasse, l'émissaire de Barack Obama en sera le médiateur.

En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait prévenu peu auparavant qu'il n'envisageait pas de sceller la paix sans avoir de discussions directes et de contact en tête-à-tête.

"Les pourparlers de proximité doivent conduire rapidement à des discussions directes. La paix ne peut être faite à distance ni télécommandée", a dit Netanyahu au conseil des ministres, lors d'une intervention rendue publique.

Saëb Erekat a toutefois ajouté sur Radio-Palestine: "Si (Netanyahu) annonce un gel complet des constructions d'implantations, il y aura des négociations directes".

Les deux parties ont rompu tout dialogue il y a un et demi, lors de la brève guerre menée par l'armée israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza.

DANS UNE DIZAINE DE JOURS ?

Malgré les tentatives américaines de relance, l'impasse s'est prolongée depuis lors sur fond de tensions autour des projets de construction de logements dans les colonies juives dans les territoires occupés.

L'initiative de Mitchell suivait son cours en mars lorsque l'Etat juif a annoncé, en pleine visite dans la région du vice-président américain Joe Biden, un projet de construction de 1.600 nouveaux logements à Jérusalem-Est et alentour.

L'Autorité palestinienne a réclamé le gel de ce projet.

Netanyahu a souligné que les pourparlers de proximité ne devaient faire l'objet d'aucune "condition préalable", dans une référence implicite à l'engagement de ne pas entraver les activités de colonisation auxquelles beaucoup, dans son gouvernement de droite, sont attachés.

Aucun nouveau projet de construction n'a toutefois été autorisé depuis mars à Jérusalem-Est, ce qui laisse à penser que Netanyahu a imposé sans le dire un moratoire de fait.

Devant ses ministres, il a souligné que personne ne devait s'attendre "à ce que l'on parvienne à des décisions et des accords sur les sujets cruciaux (...) sans s'asseoir ensemble dans la même pièce".

Un collaborateur de Netanyahu a déclaré sous le sceau de l'anonymat que le Premier ministre envisageait un ensemble de gestes de bonne volonté en direction des Palestiniens si les pourparlers indirects se passaient bien. Il n'a pas voulu donner d'autres précisions.

George Mitchell, qui ne s'est pas exprimé publiquement depuis que le comité exécutif de l'OLP a donné son accord au lancement de pourparlers indirects, devait rentrer aux Etats-Unis dimanche après son entretien avec Mahmoud Abbas.

Selon des sources gouvernementales israéliennes, il reviendra dans la région dans une dizaine de jours.

Ali Sawafta à Ramallah, Dan Williams et Joseph Nasr à Jérusalem et Arshad Mohammed à Washington, Grégory Blachier, Jean-Loup Fiévet et Nicole Dupont pour le service français