BFMTV

Des milliers de Sud-Africains saluent la dépouille de Mandela

-

- - -

Des personnalités étrangères et sud-africaines défilaient mercredi matin à Pretoria devant le cercueil à demi-ouvert de l'ancien président Nelson Mandela.

Des milliers de Sud-Africains ont formé une longue file d'attente mercredi à Pretoria devant Union Buildings, siège de la présidence et du gouvernement, pour s'incliner devant la dépouille mortelle de Nelson Mandela.

Le cercueil de l'icône de la lutte contre la ségrégation raciale, décédé le 5 décembre à l'âge de 95 ans, a été transporté dans la matinée dans les 'Bâtiments de l'Union', où il avait été investi en 1994 comme premier président de l'après-apartheid pour ce qui fut un seul et unique mandat de cinq ans.

Le transfert a été effectué au lendemain d'une cérémonie à Johannesburg qui a permis à des dizaines de dirigeants du monde entier, de l'Américain Barack Obama au Cubain Raul Castro, de rendre un dernier hommage à Nelson Mandela.

Des milliers de personnes ont assisté sur les bords de la chaussée à la procession de motos de police précédant le corbillard où se trouvait le cercueil enveloppé du drapeau sud-africain. À son arrivée, le convoi, parti de l'hôpital militaire de la capitale, a été accueilli par une cérémonie officielle, en présence d'officiers qui représentaient les différentes branches de l'armée.

Le corps de l'ancien président sera exposé en chapelle ardente dans les Union Buildings pendant trois jours. Il sera ensuite enterré dimanche à Qunu, son village d'enfance, à 700 km au sud de Johannesburg. 

Atmosphère retenue

Mercredi, le chanteur Bono, le mannequin Naomi Campbell et le président du Zimbabwe, Robert Mugabe ont été vus s'incliner face au cercueil, devant lequel F.W de Klerk, prédécesseur de Nelson Mandela en tant que dernier président blanc d'Afrique du Sud et prix Nobel de la paix avec lui en 1993, a essuyé une larme.

L'atmosphère était plus retenue que lors de la cérémonie de la veille, au cours de laquelle le public du Soccer City Stadium de Johannesburg a dansé sous la pluie, et aussi en partie hué Jacob Zuma, l'actuel président sud-africain.

Même si la mort de Nelson Mandela apporte un bref répit politique à Jacob Zuma, accusé d'avoir consacré 20 millions de dollars d'argent public à la rénovation de sa résidence privée, elle souligne aussi douloureusement l'écart d'image dans l'opinion publique entre les deux hommes.

"Il est dommage que le jour où le monde se rassemblait pour rendre hommage à Nelson Mandela une grande partie du public (...) ait hué et chahuté le président Jacob Zuma", écrit The Times. "Ce n'est pas que notre président, souvent maladroit et enclin aux scandales, ne le mérite pas", reconnaît toutefois le journal. "Il le mérite manifestement." 

La rédaction avec agences