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Des bureaux de vote ouvrent avec retard en Haïti

Dans un bureau de vote de Port-au-Prince. Des bureaux de vote ont ouvert avec retard dimanche en Haïti où la communauté internationale espère que l'élection présidentielle apportera la stabilité à ce pays dévasté par le séisme de janvier 2010. Quelque 4,7

Dans un bureau de vote de Port-au-Prince. Des bureaux de vote ont ouvert avec retard dimanche en Haïti où la communauté internationale espère que l'élection présidentielle apportera la stabilité à ce pays dévasté par le séisme de janvier 2010. Quelque 4,7 - -

par Joseph Guyler Delva et Pascal Fletcher PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Des bureaux de vote ont ouvert avec retard dimanche en Haïti où la communauté...

par Joseph Guyler Delva et Pascal Fletcher

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - Des bureaux de vote ont ouvert avec retard dimanche en Haïti où la communauté internationale espère que l'élection présidentielle apportera la stabilité à ce pays dévasté par le séisme de janvier 2010.

Les retards initiaux à Port-au-Prince, où certains bureaux ne disposaient pas du matériel nécessaire, ont irrité certains électeurs et préoccupé les Nations unies et l'Organisation des Etats américains qui cherchent à éviter une réédition des incidents qui ont marqué le premier tour du scrutin, le 28 novembre.

A l'heure d'ouvrir les bureaux de vote, certains ne disposaient pas de l'encre nécessaire pour marquer le doigt des personnes ayant voté, de bulletins de vote, d'étiquettes pour identifier les urnes, et même parfois des urnes elles-mêmes.

Dans plusieurs bureaux, les électeurs, d'abord mécontents, ont applaudi l'arrivée du matériel manquant.

Quelque 4,7 millions d'électeurs étaient appelés à choisir entre un nouveau venu sur la scène politique, le chanteur populaire Michel Martelly, 50 ans, et l'ancienne première dame Mirlande Manigat, 70 ans, professeur de droit et figure de l'opposition.

Le président sortant René Préval, qui votait dans la capitale, a lancé un appel au calme. Il a qualifié le vote de pas important pour consolider la démocratie dans le pays.

C'est la première fois dans l'histoire haïtienne que se tient un second tour d'une élection.

"J'espère que la journée se déroulera bien, qu'il n'y aura aucun problème avec les résultats, de sorte que nous puissions avoir un président élu pour me remplacer", a dit Préval à des journalistes.

Des casques bleus brésiliens gardaient des bureaux de vote de Port-au-Prince aux côtés de policiers haïtiens.

Une fausse rumeur selon laquelle Wyclef Jean, star américano-haïtienne du hip hop qui a appelé à voter pour Martelly, aurait reçu samedi soir une balle dans la main a suscité une certaine frénésie dans les médias américains.

Mais Vanel Lacroix, commissaire de police de Pétionville, où habite Jean, a déclaré qu'il ne souffrait que d'une coupure mineure à la main causée, apparemment accidentellement, par un éclat de verre.

PREMIERS RÉSULTATS FIN MARS

Le premier tour de la présidentielle, le 28 novembre dernier, avait été marqué par des accusations de fraude et des manifestations parfois émaillées de violences.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a appelé à un scrutin calme et transparent.

Le retour, vendredi à l'avant-veille du vote, de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, a été critiqué par l'Onu et les Etats-Unis, qui redoutaient qu'il ne perturbe le vote.

L'ancien prêtre catholique, qui accuse Washington d'avoir soutenu le soulèvement qui l'a renversé en 2004, n'est toutefois pas candidat et son entourage assure qu'il se tiendra en dehors de la scène politique.

Aristide n'a pas dit quel candidat avait sa faveur, ce que tâchent de deviner ses partisans encore nombreux. Les derniers sondages donnaient une légère avance à Martelly sur Manigat.

De nombreux Haïtiens confiaient que s'il était candidat, ils voteraient pour Aristide, considéré par beaucoup comme un défenseur des plus défavorisés.

Les slogans des deux candidats, mêlés à des messages de bienvenue à Aristide, se disputent les murs dans les rues de Port-au-Prince toujours dévastées par le séisme, qui a fait plus de 300.000 morts.

"Tet Kale", qui signifie tête chauve en créole et désigne Martelly, veut aussi dire "Jusqu'au bout", illustrant la volonté de changement promise par le chanteur.

"Banm Manman'm" (Donne-moi Maman) est le slogan utilisé par Mirlande Manigat pour renforcer son image d'expérience et de responsabilité.

Mirlande Manigat a été sénatrice et première dame du pays en 1988, quand son époux Leslie Manigat a été élu à la présidence, avant d'être contraint à l'exil à la suite d'un coup d'Etat quatre mois plus tard.

Le conseil électoral provisoire doit annoncer les résultats préliminaires du second tour le 31 mars et les résultats définitifs le 16 avril.

Jean-Stéphane Brosse et Nicole Dupont pour le service français