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Départs en série, actrice porno, enquête sur la Russie: vent de panique sur la Maison Blanche

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- - Mandel Ngan / AFP

Le président des Etats-Unis est bousculé sur plusieurs plans: le départ de son conseiller économique, Gary Cohn, prolonge l'instabilité qui agite le personnel de la Maison Blanche, Wall Street est en berne, une ancienne actrice pornographique porte plainte contre lui et il est plus que jamais visé par l'enquête sur l'ingérence russe lors de la campagne de 2016.

On peut dire beaucoup de choses de la présidence Trump, mais pas la qualifier de "force tranquille". Donald Trump est dans la nasse et ce, sur de nombreux fronts. L'un de ses plus éminents conseillers économiques vient de claquer la porte. Il est le dernier d'une longue liste de "partants", qu'ils aient mis fin à leurs fonctions, qu'ils aient été contraints au départ ou qu'ils aient été tout bonnement remerciés par leur patron. 

Adieu Gary Cohn

C'est ce mardi que ce conseiller économique, Gary Cohn a donné sa démission. Il a renoncé, excédé par la volonté de Donald Trump d'imposer une taxe de 25% sur l'acier importé et de 10% sur l'aluminium étranger. Et Gary Cohn n'avait rien d'un pion anonyme et dispensable au sein de l'administration Trump: cet ancien de Goldman Sachs était le directeur du Conseil national économique de la Maison blanche. 

Selon une analyse du New York Times, le départ de ce membre du Parti démocrate, apôtre du libre-échange contre le protectionnisme dans le commerce extérieur, souligne le fossé qui se creuse entre Donald Trump et le Parti républicain dont il partageait les vues économiques. Le journal va jusqu'à parler d'un "rideau de fer" séparant désormais le président américain et le parti qu'il représente autour du débat sur l'attitude à adopter dans la mondialisation. 

Une Maison Blanche bien instable 

Le départ de Gary Cohn renforce aussi le phénomène d'instabilité qui bouleverse le personnel de la Maison Bblanche depuis l'entrée en fonction de Donald Trump. Le titre de presse new-yorkais note ailleurs que la présidence Trump a connu un roulement de ses cadres bien plus important durant sa première année que les cinq précédentes équipes durant le même laps de temps. Ces changements ont même été deux fois plus fréquents lors de cette même première année de Donald Trump dans son nouveau costume que lors de la première année de la présidence de Ronald Reagan, qui détenait jusqu'ici le record en la matière. 

Signe de la volatilité de l'entourage de Donald Trump: Hope Hicks, directrice de la communication du chef d'Etat, annonçait il y a une semaine qu'elle quittait son poste. Or, cette proche parmi les proches de Donald Trump, était déjà la quatrième personne à endosser ce rôle-clé. 

Grippe à Wall Street 

Méfiance envers les visées économique du patron de l'exécutif? Lassitude au sujet du renouvellement permanent des figures? En ce début de semaine, Wall Street a dévissé, avec une chute de 4,61%, le plus fort coup de grisou boursier depuis deux ans, le tout après une semaine de décru. Mais deux éléments viennent adoucir le tableau pour un homme politique qui a fait de la bonne santé économique du pays l'alpha et l'oméga de son mandat. Depuis son arrivée à la tête du pays, Wall Street s'est ragaillardi à hauteur de plus de 30%. De plus, la raison de cette méforme ne tient pas à son administration, ni à ses options commerciales: la Bourse craint la remontée des taux d'intérêt.

Une tourmente baptisée Stormy 

Plus menaçant en revanche pour Donald Trump, une tempête, portant très bien son nom de scène, se lève contre lui: Stormy Daniels (de storm, "tempête" en anglais). Cette ancienne actrice pornographique, dont la véritable identité est Stephanie Clifford, a porté plainte contre lui à Los Angeles. L'objectif de la procédure engagée est de faire annuler l'accord de confidentialité passé avec le clan Trump pour taire un épisode sexuel avec celui qui était alors seulement un homme d'affaires très médiatique. Les détails qui ont filtré dans la presse de cette relation présumée, pour le moment démentie par les deux intéressés, évoque une liaison initiée en 2006 et ayant couru jusqu'en 2007, à une époque donc où Donald Trump était déjà marié à l'actuelle First Lady. Or, l'un des avocats de Donald Trump a affirmé le 14 février dernier avoir versé 130.000 dollars à l'ex star du X. 

Le motif de la plainte déposée par Stephanie Clifford est que, d'après elle, si elle a bien signé le document constituant l'accord établissant son silence, Donald Trump ne l'a pas fait, laissant à son avocat le soin d'apposer sa signature. Le camp Clifford argue aujourd'hui que l'accord requerrait pourtant expressément un geste de stylo de Donald Trump. 

Robert Mueller avance 

Sur ce plan, toutefois, Donald Trump risque au pire une humiliation publique ou de perdre de l'argent. Mais il existe un dernier écueil qui pourrait lui coûter bien davantage politiquement. Robert Mueller, chargé de l'enquête sur une ingérence russe lors de la campagne présidentielle de 2016, qui jusqu'alors concentrait ses efforts sur l'entourage de l'actuel chef de l'Etat américain, semble désormais avoir les yeux rivés sur Donald Trump lui-même, signale ici le Washington Post.

Il veut avoir le cœur net relativement à deux questions: Donald Trump était-il au courant de la volonté russe de biaiser le débat électoral? A-t-il, en tant que président des Etats-Unis, tenté de faire obstruction à la justice? Robert Mueller vient d'émettre une assignation exigeant des documents mentionnant Donald Trump, ainsi que neuf des plus hautes figures de sa campagne. Dans le même temps, l'équipe de Robert Mueller demande aux témoins interrogés si Donald Trump savait par exemple pour le piratage informatique d'e-mails démocrates, avant que l'information ne sorte dans les médias, et s'il a contribué à en diffuser le contenu. 

"Trump vs Mueller, c'est un joueur de poker face à un joueur d'échec. Le premier bluffe et cherche à faire tapis à chaque main. Le second avance ses pions méthodiquement, s'approchant chaque jour davantage du roi", a tweeté notre chef du service politique, Thierry Arnaud, ancien correspondant de BFMTV aux Etats-Unis. Décidément, Donald Trump a bien de quoi occuper son esprit. 

Robin Verner