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Début des négociations entre Tories et LibDem en Grande-Bretagne

William Hague, l'un des négociateurs des Tories. Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques sont entrés dimanche dans le vif de leurs négociations en vue de constituer une alliance de gouvernement après les élections législatives qui n'ont pas déga

William Hague, l'un des négociateurs des Tories. Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques sont entrés dimanche dans le vif de leurs négociations en vue de constituer une alliance de gouvernement après les élections législatives qui n'ont pas déga - -

par Tim Castle LONDRES - Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques sont entrés dimanche dans le vif de leurs négociations en vue de...

par Tim Castle

LONDRES (Reuters) - Conservateurs et libéraux-démocrates britanniques sont entrés dimanche dans le vif de leurs négociations en vue de constituer une alliance de gouvernement après les élections législatives qui n'ont pas dégagé de majorité au Parlement, une première depuis 1974.

Les dirigeants des deux formations, David Cameron pour les Tories et Nick Clegg pour les LibDem, ne participent pas directement à ces discussions mais ils se sont vus samedi soir pendant plus d'une heure et ils ont à nouveau eu un tête-à-tête dimanche au Parlement, a déclaré un porte-parole du Parti conservateur.

"Nous avons l'intention de nous rencontrer à nouveau dans les 24 heures. Nous avons convenu que la stabilité de l'économie et la réduction des déficits formeront les points centraux de tout accord à venir", a déclaré William Hague, négociateur tory, à l'issue de près de sept heures de discussions.

Les deux équipes vont désormais rendre compte des discussions à leurs leaders respectifs.

Avec 306 élus à la chambre des Communes, le Parti conservateur est de loin la principale force politique du pays mais il lui a manqué vingt sièges pour s'assurer la majorité absolue.

"Nous sommes tout à fait conscient de la nécessité de donner le plus rapidement possible au pays un nouveau gouvernement stable et légitime", avait auparavant déclaré William Hague.

Le Premier ministre travailliste Gordon Brown, dont le parti est arrivé en deuxième position devant les LibDem, reste pour le moment au 10, Downing Street. Il entend négocier à son tour avec les libéraux-démocrates si ceux-ci ne trouvent pas un accord avec les Tories.

Il a rencontré dimanche Nick Clegg tandis que des représentants des partis libéral-démocrate et conservateur négociaient dans un bâtiment gouvernemental voisin.

"Ils se sont rencontrés cet après-midi au ministère des Affaires étrangères pour se tenir mutuellement au courant. Ils ont eu une discussion amicale. David Cameron était au courant de leur rencontre", a déclaré un porte-parole libéral-démocrate.

Depuis l'élection de jeudi, trois députés travaillistes, John Mann, Kate Hoey et Graham Stringer, ont demandé à Brown de ne pas s'accrocher et de démissionner. Dans un courriel aux électeurs du Labour, celui-ci reste sourd à ces appels.

Il y a une certaine urgence à ce que les partis s'entendent avant la session inaugurale du nouveau Parlement le 18 mai, puis le début formel de ses travaux, une semaine plus tard. Les marchés financiers observent de près la situation politique de ce pays où le déficit budgétaire, supérieur à 11% du PIB, a atteint un niveau record.

"DES COMPROMIS INÉVITABLES"

Il est peu probable cependant qu'un accord entre les Tories et les LibDem soit trouvé avant lundi, a prévenu un porte-parole du Parti conservateur. Les députés tories, qui seront tenus au courant de l'évolution des discussions, ne se réuniront pas avant lundi soir.

La possibilité d'une alliance entre les deux formations fait d'ores et déjà grincer des dents chez de nombreux militants LibDem, pour la plupart classés plus à gauche que leurs dirigeants.

La réforme du système électoral, que réclament les LibDem, devrait être l'un des principaux obstacles sur la voie d'un accord. Selon les sondages, une majorité de Britanniques est favorable à une telle réforme, avec l'introduction d'au moins une dose de représentation proportionnelle.

Un responsable des libéraux-démocrates, Simon Hughes, a d'ailleurs rappelé dimanche combien les positions des deux formations étaient éloignées sur ce dossier et a fait part de la "méfiance" de son parti quant à la volonté de changement des Tories.

L'autre sujet de discorde potentiel réside dans la réduction des dépenses publiques: Cameron a promis pendant la campagne d'assainir les comptes publics dès cette année; Clegg estime lui qu'un retrait prématuré des mesures de soutien à l'économie fragiliserait la reprise de la croissance.

Dans une lettre adressée samedi aux sympathisants de son parti, Cameron prévient: "Inévitablement, ces négociations impliqueront des compromis. J'espère que nous pourrons arranger les choses aussi vite que possible, pour le bien du pays. Mais nous ne nous précipiterons pas."

Après proclamation des résultats des législatives de jeudi dans 649 des 650 circonscriptions, les conservateurs disposent de 306 sièges, les travaillistes du Premier ministre sortant, Gordon Brown, de 258 sièges et les libéraux-démocrates de 57 sièges. Les autres formations se partagent 28 sièges, dont six élus pour le Parti national écossais (SNP).

Henri-Pierre André, Guy Kerivel, Jean-Loup Fiévet et Nicole Dupont pour le service français