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Crise : quand les jeunes diplômés fuient l'Espagne

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Avec la crise, de plus en plus de jeunes diplômés quittent l’Espagne pour aller chercher du travail ailleurs. Un phénomène qui peut handicaper l’économie espagnole à terme.

C'est l'une des conséquences de la crise qui touche très durement l’Europe et surtout la Grèce, le Portugal et l’Espagne : de plus en plus de jeunes gens vont tenter leur chance dans un autre pays. Ainsi, 55 000 Espagnols ont quitté leur pays ces neuf derniers mois pour trouver du travail ailleurs.
Entre 20 et 30 ans, diplômés, ils tentent alors leur chance ailleurs. Les infirmières ou encore les kinésithérapeutes essayent de s’installer en France, alors que les scientifiques et les ingénieurs se tournent plutôt vers l'Allemagne. Le phénomène prend une telle ampleur qu'en Espagne, une émission de télévision est désormais consacrée aux bons plans pour quitter le pays. Quant aux cours du soir de langue, ils affichent complet, notamment pour les leçons d'allemand.

« L’économie pourrait être handicapée au moment de la reprise »

Cet exode des jeunes travailleurs s'intensifie ces derniers mois au point de faire craindre une aggravation des problèmes budgétaires auxquels sont déjà confrontés ces pays. « A un moment donné, si le mouvement est fort et durable, l’économie espagnole, au moment de la reprise, pourrait être un peu handicapée », craint en effet Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis. En effet, l’Espagne pourrait alors « manquer d’ingénieurs, de gens bien formés, pour donner une allure plus robuste à la croissance et créer des emplois. Ça peut créer une fragilité ».

« Mes amis me disent "je crois que je vais aussi partir" »

Monica est l’exemple typique de ces gens qualifiés partis chercher le bonheur ailleurs. A 37 ans, cet ingénieur aéronautique a décidé de quitter Madrid, sa famille et ses proches pour s'installer avec son mari et son bébé à Toulouse.
« Pour moi, trouver un travail ici en France, c’est facile. Je suis ingénieure, avec mon expérience et ma formation, je n’ai pas de problème pour trouver en France, en Allemagne ou en Angleterre ». Même si ça ne se fait évidemment pas sans difficultés : « C’est un peu dur parce qu’on ne connait personne, la famille manque, mais on fait aller ». Et le phénomène s’amplifie : « Je reçois beaucoup de messages d'amis qui me disent "Monica, je crois que je vais aussi partir en France parce qu’ici je ne trouve rien" », témoigne-t-elle. En Espagne, un jeune sur deux est au chômage.

M. Chaillot avec Stéphanie Collié