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Crash en Iran: une vidéo montre le moment où le Boeing semble avoir été frappé par un missile

Le New York Times assure avoir authentifié une vidéo qui semble montrer le moment exact où l'avion ukrainien qui s'est écrasé mercredi près de Téhéran a été frappé par un missile.

Une vidéo d'une vingtaine de secondes, diffusée notamment par le New York Times semble montrer que le Boeing qui s'est écrasé mercredi près de Téhéran aurait pu être abattu par un missile iranien. Sur les images, filmées de nuit, on peut voir un objet lumineux grimpant rapidement vers le ciel et frappant ce qui semble être un avion.

Le journal américain explique qu'une explosion a alors lieu lorsque ce qui semble être un missile touche l'avion. Le jet ukrainien, qui devait rallier Téhéran à Kiev, a ensuite continué de voler pendant plusieurs minutes. Il tente alors de retourner à l'aéroport, avant de cesser d'émettre son signal, d'exploser, puis de s'écraser, selon d'autres vidéos que le New York Times a pu se procurer.

D'après le journal, les images correspondent au trajet effectué par le Boeing, qui a été enregistré par des satellites. Le New York Times précise avoir vérifié les vidéo et détaille dans son article les étapes de son fact-checking.

Pour Trudeau, le tir "n'était peut-être pas intentionnel"

Cette thèse, qui suppose qu'un missile iranien a frappé l'avion et tué ses 176 occupants - principalement des Iraniens et des Canadiens -, a été avancée jeudi par Justin Trudeau.

"Nous avons des informations de sources multiples, notamment de nos alliés et de nos propres services", qui "indiquent que l'avion a été abattu par un missile sol-air iranien", a déclaré le Premier ministre Canadien lors d'une conférence de presse. "Ce n'était peut-être pas intentionnel", a-t-il ajouté.

"Ces informations vont sans aucun doute provoquer un nouveau choc aux familles déjà endeuillées par cette tragédie sans nom", a-t-il poursuivi. Pour Justin Trudeau, ces derniers développements renforcent "la nécessité d'une enquête approfondie", à laquelle il souhaite que le Canada soit associé.

Son homologue britannique Boris Johnson lui a emboîté le pas, affirmant qu'il existait un "ensemble d'informations" selon lesquelles le Boeing 737 ukrainien a été "abattu par un missile sol-air iranien". "Cela pourrait bien avoir été accidentel", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Sans se montrer aussi explicite, le président américain Donald Trump avait plus tôt exprimé ses "doutes" sur la thèse d'un problème mécanique. "J'ai le sentiment que quelque chose de terrible s'est passé", avait-il dit, évoquant une possible "erreur".

Une enquête en cours

Les autorités iraniennes affirment de leur côté que les "rumeurs" selon lesquelles l'avion d'Ukraine Airlines International aurait été abattu par un missile n'ont "aucun sens", évoquant également des "mises en scène douteuses" sans faire directement référence aux vidéos dévoilées par le New York Times.

Une cinquantaine d'experts ukrainiens sont arrivés jeudi à Téhéran pour participer à l'enquête et notamment au décryptage des boîtes noires de l'appareil. Seuls quelques pays, dont les Etats-Unis mais aussi l'Allemagne ou la France, ont les capacités techniques d'analyser les boîtes noires.

Jeudi, Téhéran a invité Boeing, le constructeur de l'aéronef, à "participer" à l'enquête. Le Bureau canadien de la sécurité des transports a pour sa part indiqué avoir accepté une invitation de l'autorité de l'aviation civile iranienne à se joindre à l'enquête.

Justin Trudeau a par ailleurs estimé que la France, dont la société Safran fabrique les moteurs du Boeing 737 en partenariat avec l'Américain General Electric, devrait être associée étroitement aux investigations.

Juliette Mitoyen avec AFP