BFMTV

Coronavirus aux États-Unis: la Maison Blanche impose le port du masque... sauf à Trump?

Donald Trump à la Maison Blanche, le 11 mai.

Donald Trump à la Maison Blanche, le 11 mai. - Brendan Smialowski - AFP

Depuis que le port du masque sanitaire est recommandé aux États-Unis, le président américain refuse de s'y plier. Même son vice-président, Mike Pence, s'est excusé de ne pas en avoir porté un lors d'un déplacement dans un hôpital.

Après plus de trois ans de présidence, le monde s'est habitué à ce que Donald Trump fasse les choses à sa guise. La mise à l'isolement de plusieurs personnalités de la Maison Blanche, après la détection de deux cas testés positifs au Covid-19 au sein de l'équipe présidentielle, lui donne l'occasion de l'illustrer une fois de plus.

Dans une note interne diffusée lundi, la présidence a appelé toutes les personnes travaillant au sein de la West Wing - l'aile ouest de la Maison Blanche - à porter un masque lorsqu'elles entrent dans le bâtiment et lorsqu'elles y travaillent, sauf si elles sont à leur bureau.

"Je ne pense pas que je le ferai"

En effet, le nouveau coronavirus a fait officiellement son apparition il y a quelques jours dans les lieux: Katie Miller, porte-parole de Mike Pence et épouse de Stephen Miller, proche conseiller de Donald Trump, a été testée positive. Un militaire au service du président également.

Problème: contrairement à nombre de dirigeants de la planète, Donald Trump a jusqu'ici choisi de ne jamais porter de masque. Le 3 avril, lors de l'un de ses points-presse, le président américain avait prévenu que, en dépit de la recommandation émise par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, lui ne s'y plierait pas.

"Je ne pense pas que je le ferai", s'était-il contenté de dire.

Des lunettes... mais pas de masque

Cela s'est encore vérifié la semaine dernière, lors d'un déplacement dans une usine de fabrication d'équipements de protection à Phoenix, dans l'Arizona. Donald Trump arborait des lunettes de protection, mais pas de masque. Plus tard, l'intéressé a pourtant assuré qu'il avait porté un masque durant une partie du déplacement.

"Je le portais derrière - dans les coulisses. Mais ils m'ont dit qu'on n'en avait pas besoin, donc j'en n'avais pas besoin. Et d'ailleurs, si vous avez remarqué, personne au sein du groupe n'en avait", a-t-il tenté d'expliquer lors d'un point-presse dans le Bureau ovale.

Idem dans la "Situation room" de la Maison Blanche où encore récemment, entouré de son administration, le président américain se montrait nu-tête, comme l'a indiqué CNN.

Les excuses de Pence

Lors des conférence de presse qui se tiennent régulièrement à la Maison Blanche, tous les journalistes, dont la température est prise de manière systématique avant de pénétrer les lieux, posent désormais leurs questions à travers leur masque.

Le vice-président américain Mike Pence, qui supervise la "task force" chargée de contrecarrer le coronavirus, s'est rendu dans un hôpital du Minnesota sans masque, le 28 avril. Les images le montrant entouré de personnels soignants, tous protégés au niveau du visage, avaient fait polémique. À tel point qu'après avoir tenté de s'expliquer, Mike Pence a tout simplement reconnu qu'il aurait dû porter un masque à cette occasion. 

Donald Trump, quant à lui, fait l'objet des critiques répétées de ses adversaires. Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants et qui y arbore le masque, lui reproche de ne pas montrer l'exemple. Elle estime que le chef d'État américain devrait le porter en public. Pour l'heure, lui s'y refuse. Reste à savoir s'il continuera dans cette voie à mesure que ce symbole recèlera un enjeu politique. 

Jules Pecnard avec AFP