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Corée du Sud: annonce d'exercices militaires sans précédent

Navire de la marine sud-coréenne en patrouille au large de l'île de Yeonpyeong, cible de tirs d'artillerie de la Corée du Nord ayant fait quatre morts en novembre. L'armée sud-coréenne annonce qu'elle procèdera à partir de jeudi à des vastes manoeuvres te

Navire de la marine sud-coréenne en patrouille au large de l'île de Yeonpyeong, cible de tirs d'artillerie de la Corée du Nord ayant fait quatre morts en novembre. L'armée sud-coréenne annonce qu'elle procèdera à partir de jeudi à des vastes manoeuvres te - -

par Jack Kim et Yoo Choonsik SEOUL (Reuters) - L'armée sud-coréenne a annoncé mercredi la tenue de vastes manoeuvres terrestres et navales dont les...

par Jack Kim et Yoo Choonsik

SEOUL (Reuters) - L'armée sud-coréenne a annoncé mercredi la tenue de vastes manoeuvres terrestres et navales dont les plus importants exercices à munitions réelles jamais effectués sur son territoire à proximité de la frontière avec la Corée du Nord.

Les manoeuvres terrestres débuteront jeudi et impliqueront l'artillerie et l'aviation et mobiliseront le plus grand nombre de personnels jamais impliqués dans de tels opérations en temps de paix.

Elles auront lieu dans la région de Pocheon à moins de 50 km au nord de Séoul à proximité de la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Etats de la péninsule.

Les manoeuvres navales ont, elles, commencé mercredi en mer Jaune à l'est des côtes sud-coréennes et elles vont durer trois jours, selon un responsable du ministère de la Défense.

L'agence de presse Yonhap a indiqué que ces exercices en mer avaient lieu à 100 km au sud de la frontière maritime avec la Corée du Nord et qu'ils impliquaient au mois six bâtiments de la Marine.

Cette initiative militaire devrait provoquer la colère du gouvernement nord-coréen qui dénonce régulièrement les manoeuvres miliaires comme des provocations de la Corée du Sud.

Elles interviennent également après des exercices d'artillerie qui se sont tenus lundi sur l'île de Yeonpyeong où quatre personnes, dont deux civils, avaient été tuées lors de tirs de l'artillerie de la Corée du Nord en novembre.

"Oui, il s'agira d'une démonstration de force contre ça", a commenté un officier interrogé pour savoir si le bombardement de Yeonpyeong entrait dans le calendrier militaire.

CHANGEMENT DIPLOMATIQUE

Ce gradé a indiqué que l'armée sud-coréenne avait déjà procédé à ce genre d'exercices des dizaines de fois par le passé mais que cette fois, l'ampleur est sans précédent.

"L'ampleur des engins mécanisés mobilisés est gigantesque. Là où normalement on avait six pièces d'artillerie K-9, nous allons en avoir 36. Il y aura aussi des chasseurs F-15 et des hélicoptères. On peut dire que la plupart des engins mécanisés utiliseront des munitions réelles", a-t-il expliqué.

Les tensions dans la région semblaient s'être un peu apaisées mercredi, Pyongyang ayant choisi de ne pas réagir aux manoeuvres de lundi.

Les autorités communistes auraient par ailleurs laissé entendre qu'elles pourraient autoriser le retour des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans le cadre du contrôle de leur programme nucléaire prévu par les accords de 2005.

Selon des experts, il est peu probable que le Nord tente un nouvel acte d'agression comme les tirs d'artillerie contre l'île de Yeonpyeong ou comme l'attaque contre la corvette Cheonan dont il nie être responsable du naufrage en mars.

La Chine, seul allié d'importance de la Corée du Nord, continue d'appeler au dialogue pour tenter de résoudre la crise et a exhorté Pyonyang à tenir sa parole concernant le retour des inspecteurs de l'AIEA.

"Aussi longtemps que demeurera une menace d'attaque surprise lancée à partir du Nord, nous devons rester en alerte d'un point de vue militaire", écrit le quotidien sud-coréen Joongang Daily plaidant une pour "diplomatie habile".

"Mais une telle préparation doit être combinée avec la diplomatie", ajoute le journal. "Nous devrions réduire notre dépendance diplomatique à l'égard des Etats-Unis et renforcer nos liens avec la Russie et la Chine", poursuit-il.

Jack Kim, Pierre Sérisier pour le service français