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Combats en Libye à l'est de Syrte

LA RÉBELLION LIBYENNE DIT CONTRÔLER NOFILIA, ATTAQUE DES PRO-KADHAFI À BIN DJAOUAD

LA RÉBELLION LIBYENNE DIT CONTRÔLER NOFILIA, ATTAQUE DES PRO-KADHAFI À BIN DJAOUAD - -

par Mohamed Abbas RAS LANOUF, Libye (Reuters) - Les forces de Mouammar Kadhafi ont tenté dimanche de stopper la progression des insurgés de l'Est de...

par Mohamed Abbas

RAS LANOUF, Libye (Reuters) - Les forces de Mouammar Kadhafi ont tenté dimanche de stopper la progression des insurgés de l'Est de la Libye vers Syrte, le fief du dirigeant libyen.

A Benghazi, le colonel Lamine Abdelwahab, membre du conseil militaire formé par les insurgés, a fait état d'une prise de contacts avec la tribu Gaddafda, celle de Mouammar Kadhafi, qui se trouve à Syrte.

Les rebelles ont affirmé qu'ils ne cessaient d'avancer vers l'ouest. Ils disent s'être emparés de Nofilia après Bin Djaouad la veille et Ras Lanouf vendredi.

Selon plusieurs témoignages, les insurgés ont toutefois subi une attaque des forces libyennes sur Bin Djaouad, sans que l'on sache s'il s'agit d'une tentative de reprise de la ville ou d'un assaut ponctuel.

A Ras Lanouf, plus à l'est, un journaliste de Reuters a vu des insurgés se replier sur cette ville.

Dans leur fuite, les rebelles disent avoir abattu un hélicoptère, qui se serait abîmé en mer.

Un combattant, revenant blessé de la ligne de front, a déclaré que les forces de Mouammar Kadhafi tiraient à la mitrailleuse et lançaient des grenades RPG.

Prié de décrire ce qu'il avait vu, il a répondu: "La mort."

Manifestement choqué, il n'a rien dit de plus.

D'autres rebelles présents à Ras Lanouf ont dit avoir été informés de l'attaque sur Bin Djaouad par des appels téléphoniques en provenance du front.

"Les gens à Bin Djaouad nous disent que les forces de Kadhafi sont présentes. Des rebelles ont été touchés par des tireurs embusqués", a dit Khamis al Libi, un combattant rebelle.

UN PHOTOGRAPHE FRANÇAIS AURAIT ÉTÉ BLESSÉ

"Ils ont des RPG, des mitrailleuses", a ajouté Mansour Mayloud, un autre rebelle. "Il y a eu une attaque à Bin Djaouad."

Des ambulances ont ramené des blessés de Bin Djaouad à Ras Lanouf, un important port pétrolier sur la côte méditerranéenne.

A l'hôpital de Ras Lanouf, le docteur Heitham Gheriani a fait état d'au moins 15 blessés dans les combats de la matinée à Bin Djaouad, dont un photographe français touché à une jambe.

Quatre rebelles sont grièvement blessés et ont peu de chances de survivre, a-t-il dit.

"Les contestataires avançaient vers l'ouest pour libérer le pays. Il y a eu des fusillades inattendues. Il est évident que l'aviation a été utilisée", a dit ce médecin.

D'après des témoins, un avion a attaqué Ras Lanouf dimanche matin mais aucune victime n'a été signalée.

Syrte se trouve à moins de 100 km à l'ouest de Bin Djaouad.

Le gouvernement a affirmé dimanche qu'il avait repoussé les rebelles jusque à Benghazi, capitale de la Cyrénaïque et de l'insurrection, à l'est de Ras Lanouf.

Un journaliste de Reuters à Ras Lanouf a cependant déclaré que la ville était toujours entièrement aux mains des rebelles.

RENFORTS

Bachir Abdoul Gadir, l'un des commandants des insurgés dans l'Est, a déclaré que les rebelles s'étaient emparés de Nofilia, à l'ouest de Bin Djaouad. Il a ajouté que ses forces attendaient un signal des habitants de Syrte pour tenter de faire tomber cette ville.

"Ce n'est pas compliqué de prendre Syrte", a-t-il dit à Reuters. "Je pense que 70% des habitants sont avec nous mais ils nous ont dit de ne pas entrer dans Syrte par crainte de violents combats. On va attendre qu'ils nous disent quand ils sont prêts."

Auparavant, au cours d'une conférence de presse, Bachir Abdoul Gadir a estimé qu'environ 8.000 combattants rebelles se trouvaient entre Ras Lanouf et Nofilia.

Ce colonel a ajouté que Mouammar Kadhafi envoyait des renforts en provenance du Sud à Syrte, plus à l'est le long de la côte méditerranéenne.

"Nous avons nos frères à Syrte et ils n'accepteront pas cette situation. Ils savent que c'est un tueur et qu'il a volé notre argent. Ils seront de notre côté", a déclaré Bachir Abdoul Gadir.

Au sujet des insurgés, il a reconnu: "Nous ne sommes pas une armée organisée. Nous ne suivons pas de tactique militaire. Notre tactique est révolutionnaire. Nous ne tenons pas compte de la mort comme ils le font."

"C'est dans la nature même d'une révolution populaire, on ne peut pas la contrôler. Seuls 10% d'entre nous sommes des militaires professionnels. C'est ainsi", a-t-il ajouté.

A Benghazi, un membre du conseil militaire des insurgés a déclaré que les Gaddafda avaient noué un contact avec la rébellion.

"Nous avons reçu un contact de la part de membres de la tribu Gaddafda à Syrte qui souhaitent négocier (...) Il n'y aura pas de négociations. Ils nous demandent ce que nous voulons. Nous disons que nous ne voulons plus de Kadhafi", a déclaré le colonel Lamine Abdelwahab.

Selon lui, des militaires issus de la tribu Ferdjan se font exécuter car ils refusent de combattre les rebelles.

Mouammar Kadhafi dispose de plus de 20.000 combattants à Syrte, a déclaré ce colonel.

Bertrand Boucey pour le service français