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Chili: pas de visa diplomatique pour le ministre bolivien de la Défense

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- - Illustration - Un passeport - Image Flickr

Le Chili a refusé un visa diplomatique au ministre de la défense bolivien qui souhaitait rendre visite à des soldats et des fonctionnaires des douanes boliviennes, en détention pour vol dans l'état voisin. Le Chili et la Bolivie n'entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1978 sur fond de différend territorial centenaire.

"Il ne foulera pas le sol chilien". C'est en ces termes que le ministre chilien des affaires étrangères, Heraldo Munoz, a annoncé le refus du Chili de délivrer un visa diplomatique au ministre de la Défense bolivien. Ce dernier comptait se rendre au Chili voisin pour rendre visite à des soldats et des fonctionnaires des douanes boliviens détenus pour vol.

"La seule chose que je peux faire c'est vous confirmer (...) que nous avons refusé le visa au ministre de la Défense" bolivien Reimy Ferreira, a indiqué le ministre chilien des Affaires étrangères Heraldo Munoz, lors d'une visite à Genève avec la présidente Michelle Bachelet, cité par le journal chilien El Mercurio.

"C'est une des personnes qui a le plus nui aux relations bilatérales entre le Chili et la Bolivie", a ajouté Heraldo Munoz. Reimy Ferreira, a-t-il insisté, a lancé un appel au boycott des produits chiliens et "a évoqué en des termes insultants la présidente de la République et le Chili", a conclu le ministre chilien.

Différend centenaire

Le ministre bolivien de la Défense comptait aller au Chili pour y rendre visite à deux soldats et sept fonctionnaires des douanes de son pays actuellement en détention provisoire. Ils sont accusés d'avoir volé un camion à la frontière. Le gouvernement bolivien assure qu'ils étaient en train de le contrôler et demande des preuves du vol. L'incident a un peu plus exacerbé les tensions entre les deux pays frontaliers qui n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1978.

Un différend centenaire oppose les deux pays depuis que la Bolivie a perdu 120.000 km2 de territoire et 400 km de côtes à l'issue de la guerre du Pacifique (1879-1883) contre le Chili. Désormais enclavée, la Bolivie, pays le plus pauvre d'Amérique du Sud, n'a cessé de réclamer un accès souverain à la mer, sans lequel son économie est pénalisée.

G.D. avec AFP