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Ce que l'on sait des fusillades dans deux mosquées  

La police néo-zélandaise près de l'une des mosquées visées.

La police néo-zélandaise près de l'une des mosquées visées. - Flynn FOLEY / AFP

Deux fusillades ont éclaté ce vendredi à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, dans deux mosquées de la ville. 49 personnes ont été tuées, ont déclaré les autorités néo-zélandaises. Quatre personnes ont été arrêtées par la police locale. D'après le Premier ministre australien, le tireur serait l'un de ses compatriotes et un "terroriste extrémiste de droite et violent".

Des attentats terroristes ont plongé dans l'horreur deux mosquées de Christchurch et la Nouvelle-Zélande toute entière ce vendredi. Seulement cinq minutes et huit kilomètres ont séparé ces deux attaques dont l'une a eu pour objet une mosquée de Deans Avenue, hébergeant alors 300 fidèles, et l'autre une mosquée de Linwood, en proche banlieue. Les faits se sont produits sur les coups de 13h30 heure locale. 

  • En plein cœur de la ville 

Les deux édifices religieux, situé pour l'un en plein centre de la ville, l'autre dans l'est de celle-ci, qui accueillaient alors un public nombreux venu pour la prière commune hebdomadaire, ont en effet été le cadre de fusillades ciblant les musulmans. Les autorités néo-zélandaises ont livré un bilan quelques heures après la perpétration des faits: 49 personnes ont été tuées, dont 41 personnes dans la mosquée de Deans Avenue, sept dans celle de Linwood. Une personne a succombé à ses blessures après les attaques. L'échelon de sécurité a été relevé, porté à la mention "élevé" et la sécurité autour des mosquées a été renforcée. Jacinda Ardern, la Première ministre néo-zélandaise, a souligné le caractère terroriste du drame: "Il est clair qu'on ne peut que décrire cela comme une attaque terroriste. Pour ce que nous en savons, (l'attaque) semble avoir été bien planifiée". Elle a dit que les assaillants n'étaient pas sous surveillance. 

  • Une attaque filmée 

Si ces deux massacres ont pu impliquer au moins deux tireurs, comme le rappelle le New Zealand Herald, ce sont quatre personnes qui ont été arrêtées par les forces de l'ordre: trois hommes et une femme. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, n'a lui évoqué qu'un tireur, expliquant qu'il s'agissait de l'un de ces compatriotes, et le présentant comme "un terroriste extrémiste de droite et violent". L'individu est âgé de 28 ans. Ses comptes sur les réseaux sociaux ont révélé le profil d'un homme immergé dans une idéologie raciste et identitaire. Sur Facebook, il a publié un manifeste intitulé Le Grand Remplacement, afin de tenter de justifier l'injustifiable à venir, dans laquelle il développe ses théories et dit avoir vu "une invasion de la France par les non-blancs" durant un séjour dans l'Hexagone.

Des témoignages tenus par des fidèles de l'une des mosquées visées ont évoqué un tireur vêtu d'une veste militaire, le crâne et le visage couverts par un casque. C'est une arme semi-automatique qui a été employée. 

Un détail particulièrement morbide a fait surface: l'un des assaillants a filmé son attaque, diffusant sa vidéo sur internet. Sa froide détermination y est perceptible selon les médias l'ayant observée, le tueur multipliant les allers-retours entre sa voiture et le lieu de prière. Lors de son point-presse, le commissaire Mike Bush a souligné que tout était mis en oeuvre pour supprimer cette captation des réseaux. Il a également précisé que sur les quatre personnes interpellées, l'une allait être présenté devant un tribunal pour meurtre dès demain, tandis que deux autres avaient été arrêtées car elles étaient en possession d'armes. Enfin, le quatrième individu pourrait ne pas être lié à l'affaire. 

  • Des bombes artisanales placées sur des véhicules 

Ses agents ont aussi dû écarter une autre menace. Des bombes artisanales avaient ainsi été placées sur des voitures stationnant dans la ville de Christchurch. Elles ont été neutralisées. Mike Bush a précisé: "C'est une situation sans précédent en Nouvelle-Zélande." 

Parmi les mesures de sécurité décrétées, les autorités ont déconseillé à leurs concitoyens de se rendre dans une mosquée dans les prochaines heures. Les élèves néo-zélandais ont été un temps confinés dans leurs écoles mais ce dispositif a été levé. Les vols internationaux ont été annulés dans les aéroports néo-zélandais. 

  • Un des "jours les plus sombres de l'histoire néo-zélandaise" 

Jacinda Ardern a déclaré que cette attaque faisait de ce vendredi "l'un des jours les plus sombres" de son pays. 

Robin Verner