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Ce que l'on sait de l'attaque iranienne contre des bases abritant des soldats américains en Irak

Image extraite d'une vidéo fournie par l'Iran, montrant des tirs de missiles iraniens contre des bases américaines en Irak.

Image extraite d'une vidéo fournie par l'Iran, montrant des tirs de missiles iraniens contre des bases américaines en Irak. - HO / IRIB / AFP

Cinq jours après l'élimination du général Qassem Soleimani par les États-Unis, l'Iran a riposté mardi en tirant des missiles contre deux bases irakiennes abritant des soldats américains.

Alors que les funérailles du général Qassem Soleimani, tué dans un raid américain en Irak vendredi, ont eu lieu mardi, l'Iran a mis à exécution ses menaces de représailles contre les États-Unis. Selon le Pentagone, une douzaine de missiles ont été tirés ce même jour depuis le pays chiite, visant des bases irakiennes où se trouvaient des militaires américains. Le commandement militaire irakien évoque pour sa part le chiffre de 22 missiles.

  • Les bases d'Aïn al-Assad et d'Erbil ont été visées

Pour frapper les États-Unis, l'Iran a choisi de s'attaquer à deux lieux à portée symbolique: les bases aériennes d'Aïn al-Assad, à l'ouest, et d'Erbil, au Nord. Outre la présence de militaires américains, ces lieux ont une importance stratégique, note le New York Times: Donald Trump et Mike Pence ont tous les deux visité la base d'Aïn al-Assad, tandis que le vice-président s'était également rendu à celle d'Erbil.

Le quotidien souligne que les troupes américaines stationnant à Aïn al-Assad ont vocation à entraîner les forces de sécurité irakiennes. La base d'Erbil constitue quant à elle un lieu stratégique. C'est de là qu'en octobre est partie l'opération conduisant à l'élimination de l'ancien leader de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi.

  • L'Iran revendique la riposte dans un communiqué

Dans un communiqué publié en persan dans la nuit de mardi à mercredi, l'Iran a revendiqué l'attaque contre les forces américaines stationnées en Irak, arguant une "réponse à l'opération criminelle et terroriste des envahisseurs américains, et pour venger l'assassinat lâche et le martyre douloureux" du général Qassem Soleimani, tué par les États-Unis.

Par le même biais, l'Iran indique avoir tiré "des dizaines de missiles sol-sol" sur la base aérienne d'Aïn al-Assad.

"Les détails (de cette opération) seront communiqués à la noble nation iranienne et au monde musulman par la suite", ajoute le communiqué, qui met en garde les États-Unis qu'"à tout nouvel acte malveillant ou nouveau mouvement d'agression seront opposées des réponses encore plus douloureuses et dévastatrices".

Les Gardiens de la révolution iraniens, l'armée idéologique de la République islamique, ont par ailleurs conseillé à Washington de rappeler ses troupes déployées dans la région "afin d'éviter de nouvelles pertes", et menacé de frapper Israël et "des gouvernements alliés" de l'Amérique.

  • Le bilan de l'opération est contesté

Mardi, Donald Trump a affirmé sur Twitter qu'il ferait une déclaration mercredi matin après les frappes iraniennes survenues dans la journée. 

"L'évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu'ici, tout va bien!", a lancé Donald Trump dans un tweet. "Nous avons l'armée la plus puissante et la mieux équipée au monde, de loin!", a-t-il encore ajouté. "Je ferai une déclaration demain matin."

La télévision iranienne a pour sa part annoncé la mort de 80 Américains dans ces attaques. Mais pour notre correspondant aux États-Unis, Jean-Bernard Cadier, "on ne peut pas imaginer que Trump ait tweeté 'tout va bien' s'il y avait eu un mort".

Le commandement militaire irakien a par ailleurs assuré que les frappes n'ont pas fait de "victime parmi les forces irakiennes". Le communiqué irakien ne fait pas mention d'éventuelles victimes au sein des forces de la coalition.

"Aucun militaire français déployé en Irak n'a été touché par les frappes déclenchées cette nuit", indique l'état-major français à BFMTV.

  • Les États-Unis restreignent le survol au Moyen-Orient

L'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a interdit mardi soir aux avions civils américains le survol de l'Irak, de l'Iran et du Golfe, quelques heures après l'attaque de bases en Irak abritant des soldats américains.

"L'agence fédérale de l'aviation a émis des messages aux navigants aériens (NOTAMS) détaillant des restrictions de vol qui interdisent aux opérateurs d'avions civils américains d'opérer dans l'espace aérien au-dessus de l'Irak, de l'Iran, et des eaux du golfe Persique et du golfe d'Oman", a annoncé la FAA dans un communiqué.
Clarisse Martin avec AFP