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Catalogne: Barcelone défie la justice espagnole sur le vote d'indépendance

Des milliers de manifestants s'étaient retrouvés dans les rues de la Catalogne pour défendre l'indépendance de la région.

Des milliers de manifestants s'étaient retrouvés dans les rues de la Catalogne pour défendre l'indépendance de la région. - Lluis Gene - AFP

La Catalogne a annoncé mardi son intention de maintenir le vote symbolique sur son indépendance alors que plus tôt dans la journée la justice espagnole avait suspendu son organisation. "Tout est prêt pour le 9 novembre", assure les autorités catalanes.

Le bras de fer s'est tendu entre la Catalogne et Madrid mardi. Alors que le tribunal constitutionnel, saisi par le gouvernement espagnol, a interdit mardi un vote symbolique sur l'indépendance de la Catalogne, les autorités de la région ont annoncé leur volonté de l'organiser, dimanche 9 novembre. "Nous sommes en train de défendre un droit naturel, qui est le droit de n'importe quel peuple à décider. Tous les peuples ont le droit de décider de leur avenir", a déclaré le chef de l'exécutif catalan Artur Mas.

La décision du tribunal constitutionnel a été rendue mardi en fin de matinée après un vote à l'unanimité qui suspend sans se prononcer sur le fond, a-t-on précisé de même source concernant cette consultation symbolique censée remplacer un référendum déjà suspendu le 29 septembre.

Quelques minutes après la lecture de la décision, le gouvernement catalan a annoncé qu'il maintenait malgré tout ce vote symbolique. Dans le même temps, le porte-parole de l'exécutif s'est prononcé pour "la saisine du tribunal suprême" pour dénoncer "l'atteinte au droit de participation, à la liberté d'expression et à la liberté d'opinion" par le gouvernement espagnol.

Espoir de coup politique

Le président catalan, le nationaliste conservateur Artur Mas, avait décidé d'organiser ce vote symbolique supervisé par des bénévoles, sans recensement électoral et sans commission électorale, dans l'espoir de faire un coup politique pour démontrer que les Catalans sont de plus en plus nombreux à vouloir faire sécession.

D'abord raillée par Madrid, l'initiative a finalement été jugée anti-constitutionnelle par l'exécutif espagnol, qui avait alors saisi le Tribunal constitutionnel, estimant qu'elle présentait "encore moins de garanties démocratiques" que le premier vote organisé. Madrid estime qu'il s'agit d'un référendum déguisé. Or, ce type de consultation, seul l'exécutif ne peut organiser. 

Aucunes garanties démocratiques

Cette fois, la Catalogne a décidé de ne pas céder. "La réponse est catégorique: le processus participatif est maintenu", a déclaré le porte-parole de l'exécutif de cette région, Francesco Homs, lors d'une conférence de presse. "Tout est prêt pour le 9 novembre et le gouvernement (catalan) maintient le processus participatif, qui, pour nous, est une manière de garantir la liberté d'expression".

Madrid craint surtout que la puissante région de 7,5 millions d'habitants et qui représente 20% de la richesse produite par l'Espagne avec ce vote fasse entendre la volonté indépendantiste. Car quelque 40.930 bénévoles seront mobilisés pour l'organisation du vote et au total, 6.695 bureaux de vote ouvriront de 9h00 à 20h00. Des bulletins ont été imprimés et, comme pour tout scrutin, un système de transmission des résultats est prévu. D'autant que le sentiment indépendantiste a gagné en vigueur, notamment depuis l'annulation partielle en 2010 par le Tribunal constitutionnel d'un nouveau statut qui reconnaissait la Catalogne comme "nation".

A. G. avec AFP