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Cassez : « Je n'ai plus la force de me battre »

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A quelques heures de la visite de Nicolas Sarkozy au Mexique, Florence Cassez, qui y est condamnée à 60 ans de prison pour enlèvements, implore la grâce. Epuisée et désespérée, elle témoigne.

Florence Cassez, la française de 34 ans, condamnée au Mexique à 60 ans de prison (en fait 70 ans selon la condamnation, mais bien 60 ans dans les faits) pour participation à des enlèvements, pourrait être transférée en France. C'est en tout cas une possibilité qu'évoque le Président mexicain Felipe Calderon.
Une proposition que la jeune femme refuse. A bout de force et retenant difficilement ses larmes, Florence Cassez explique : « Je me suis battue pendant bientôt 3 ans et 3 mois pour qu'éclate la vérité, pour que justice soit faite, pour que soit reconnue mon innocence. Et aujourd'hui je suis effondrée, je n'ai plus la force de me battre. Heureusement que mes avocats prennent le relais et me soutiennent. Un transfert en France, je ne tiendrais pas. Ni pour l'amparo (ndlr : procédure qui permet, après une condamnation, un recours devant la Cour suprême, mais prend 1 à 2 ans). Je ne sais même pas comment je vais faire pour tenir jusqu'à la visite de Nicolas Sarkozy le 9 mars. »

« Injuste, ma condamnation est politique »

Désespérée, Florence, qui continue de clamer son innocence, dénonce une machination politique derrière son affaire : « Le fait qu'on me condamne comme ça, injustement dès le départ, bien sûr c'est politique. Et aujourd'hui, je n'ai plus d'espoir à ce niveau-là. C'est pour ça que je n'irai pas à l'amparo final. Ce serait perdre un an de plus - un an que physiquement, moralement, je ne tiendrais même pas - pour arriver à la même conclusion, parce que c'est politique. C'est pour ça que j'ai besoin de vous. J'ai besoin qu'on me sorte de là. C'est une injustice totale. »

Vers une grâce présidentielle ?

Loin d'être satisfait par la proposition du Président mexicain de transférer Florence en France, Maitre Franck Berton, l'avocat de la jeune femme rappelle que la peine de 60 ans qu'encourt sa cliente au Mexique, une fois convertie en France, serait de l'ordre de 20 ans de réclusion. Et il ajoute : « Florence Cassez acceptera de rentrer en France, sous réserve qu'elle y soit graciée. » Reste que le Code de procédure pénale mexicain n'a pas pour habitude d'accorder une grâce pour ce type de condamnation, à savoir l'enlèvement.