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CARTE. Afghanistan: visualisez comment les talibans ont pris le pouvoir en quelques mois

CARTE. Afghanistan : visualisez comment les talibans ont pris le pouvoir en quelques mois

CARTE. Afghanistan : visualisez comment les talibans ont pris le pouvoir en quelques mois - BFMTV

Entre mai et août, les talibans ont progressivement pris le pouvoir dans la quasi-totalité de l'Afghanistan. Comment s'est déroulée cette prise du pouvoir? BFMTV.com fait le point.

Début juillet, un rapport américain estimait que le gouvernement afghan pouvait tomber en 90 jours. Après la prise de la première capitale régionale par les talibans, cela aura finalement pris quelques semaines. Dimanche 15 août, le président Ashraf Ghani a fui hors du pays tandis que les insurgés s'emparaient du palais présidentiel à Kaboul.

L'offensive des Talibans a débuté en mai, lorsque les troupes étrangères ont commencé à se retirer d'Afghanistan. Comme le montre les données du site FDD's Long War Journal, le pays est tombé en quelques semaines aux mains des talibans. La carte ci-dessous illustre la conquête du pouvoir par les insurgés, de juin à aujourd'hui.

Sur son site internet, le FDD's Long War Journal précise sa méthodologie :

  • Les territoires colorés en noir sont ceux contrôlés par le gouvernement afghan
  • Les territoires colorés en rouge sont ceux contrôlés par les talibans, qui y gèrent l'administration, les forces de l'ordre, la justice etc...
  • Les territoires colorés en rose sont ceux partiellement contrôlés par les talibans, qui y occupent la majorité du territoire même si le gouvernement y gère encore certains aspects de l'administration

Comment les talibans se sont emparés du pouvoir ?

L'impressionnante rapidité avec laquelle les talibans ont repris le contrôle en Afghanistan résulte non seulement de leur force sur le terrain, mais aussi de leur pression soutenue pour négocier accords et redditions.

Les talibans ont commencé à négocier les redditions longtemps avant le début de leur offensive en mai. Des accords ont supposément été passés avec des responsables gouvernementaux du bas de l'échelle aussi bien qu'avec des gouverneurs de provinces ou des ministres. Cette stratégie s'est révélée très efficace.

Ni champs de bataille sanglants ni cadavres dans les rues ne seront venus illustrer l'offensive finale des talibans vers Kaboul. Au contraire, les images ont montré talibans et responsables locaux confortablement assis dans des fauteuils pour signer la cession des villes et des provinces.

Forte de plus de 300.000 hommes et doté d'un équipement à plusieurs milliards de dollars bien plus perfectionné que celui des fondamentalistes, l'armée afghane semblait redoutable... du moins sur le papier.

En réalité, l'armée était depuis des années rongée par la corruption et sapée par un commandement médiocre, un manque d'entraînement et un moral en berne. Les désertions étaient fréquentes et les inspecteurs du gouvernement américain avaient depuis longtemps alerté sur la faible viabilité des troupes.

Si les forces afghanes ont pu faire front dans certaines provinces du sud comme à Lashkar Gah, elles ont par la suite dû opérer sans le soutien de l'armée américaine et de ses frappes aériennes.

Face à des ennemis moins nombreux mais plus déterminés et dotés d'une meilleure cohésion, les soldats afghans ont déserté ou capitulé, parfois par unités entières, laissant les insurgés prendre le contrôle des villes les unes après les autres.

Louis Tanca, avec AFP