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BP poursuit l'opération "top kill" face à la marée noire

Tony Hayward, le directeur général de BP, ici dans le Golfe du Mexique. Le pétrolier britannique a annoncé que l'opération "top kill" de colmatage du puits de pétrole endommagé dans le golfe du Mexique se poursuivrait toute la journée de samedi et pourrai

Tony Hayward, le directeur général de BP, ici dans le Golfe du Mexique. Le pétrolier britannique a annoncé que l'opération "top kill" de colmatage du puits de pétrole endommagé dans le golfe du Mexique se poursuivrait toute la journée de samedi et pourrai - -

MIAMI, Floride - Le pétrolier BP a annoncé que l'opération "top kill" de colmatage du puits de pétrole endommagé dans le golfe du Mexique se...

NEW ORLEANS/MIAMI (Reuters) - Le géant pétrolier BP annonce que l'opération "top kill" de colmatage de la fuite de son puits de pétrole dans le golfe du Mexique se poursuivra non seulement samedi mais aussi "tant que les équipes de réparation le jugeront nécessaire".

La veille, la "major" britannique avait estimé qu'il faudrait 48 heures de plus pour évaluer la réussite de sa tentative pour stopper la fuite, qui se poursuit depuis 40 jours, en injectant des boues de forage au niveau du puits, par 1.600 mètres de profondeur.

Cette méthode n'a pour l'instant pas totalement arrêté la fuite de pétrole, mais l'a sporadiquement ralentie. En cas d'échec, BP prévoit de réessayer la méthode de confinement par cloche pour pomper le pétrole à bord d'un navire de surface.

Il est également envisagé la pose d'un nouveau bloc obturateur de puits, pour remplacer celui dont la défaillance avait provoqué le 20 avril l'incendie accidentel, suivi du naufrage de la plateforme Deepwater Horizon.

Le président américain Barack Obama, qui se rendait pour la deuxième fois en Louisiane depuis le début de la marée noire, la plus importante de l'histoire des Etats-Unis, a souligné vendredi qu'il n'existait pas de solution miracle face à ce désastre.

Le chef de la Maison blanche a annoncé qu'il assumait la responsabilité finale de la catastrophe, au-delà des obligations financières qui incomberont à BP, dont le directeur général, Tony Hayward, s'est également rendu vendredi sur les lieux de la catastrophe, qui a fait onze morts parmi le personnel de la plateforme.

DU GOUDRON ET DES PLUMES

Le groupe, à qui ce désastre a déjà coûté 930 millions de dollars, a vu son action chuter de 5% vendredi. La valeur boursière de l'entreprise a perdu 25% depuis le début de la crise, soit environ 50 milliards de dollars.

Si beaucoup d'Américains jugent sévèrement l'impuissance de l'administration devant la catastrophe, ils sont plus nombreux encore à exprimer de la colère envers la compagnie pétrolière, qui va devoir nettoyer 160 km de côtes souillées en Louisiane.

Imaginer une vengeance virtuelle est devenue un hobby pour certains Louisianais.

Un habitant de l'Etat a proposé dans un courrier à un journal local de "tailler un costume" de goudron et de plumes aux dirigeants de BP et les décapiter pour utiliser leurs têtes comme bouche-trou dans le puits en fuite.

Des internautes ont créé pour leur part une page sur Facebook intitulée "B-Pee" (B-pipi, jeu de mot se référant aux initiales de British Petroleum) pour inciter les visiteurs à soulager leurs besoins contre les pompes à essence de la marque.

"Ils ont fui sur nous, c'est à notre tour de leur infliger des fuites!", écrivent-ils.

Grégory Schwartz et Marc Delteil, pour le service français, édité par Jean Loup Fiévet