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BHL: "Cette photo fera bouger ceux qui nous gouvernent"

"Cette photo bouleverse la planète", commente Bernard-Henry Levy devant le cliché d'un garçon syrien de trois ans mort sur une plage en Turquie.

"Cette photo bouleverse la planète", commente Bernard-Henry Levy devant le cliché d'un garçon syrien de trois ans mort sur une plage en Turquie. - BFMTV

La photo de la dépouille d'un enfant syrien, retrouvé mort sur une des plages de la station balnéaire de Bodrum en Turquie a ému BHL et Philippe Douste-Blazy qui espèrent qu'elle pourra servir d'électrochoc,

"On est sans voix face à cette image", c'est "atroce", a de déploré le philosophe Bernard-Henri Lévy sur BFMTV jeudi, face à la photo d'un garçon syrien de trois ans retrouvé mort sur une des plages de la station balnéaire de Bodrum en Turquie. "Je suis tout simplement bouleversé comme le monde entier et la seule chose que l’on peut espérer c’est que cette image serve d’avertissement, de leçon."

Le philosophe relie cette photo aux clichés qui ont ému la planète. "Il y a des photos qui ont cette vertu paradoxale de réveiller les opinions", rappelle-t-il. Et de citer la petite fille nue brûlée au napalm au Vietnam en 1972, la photo d'un jeune homme face au tank place Tian Anmen ou encore celle d'un petit garçon mains en l'air dans le ghetto de Varsovie, qui a peut-être plus fait pour apprendre aux gens ce qu'y avait été la résistance que de nombreux livres savants.

"Ils viennent nous dire qu'ils aiment l'Europe", et surtout "pas pour vivre à nos crochet", selon l'essayiste. 

"Migrant est un mot bête qui mélange tout", analyse enfin l'écrivain.

"C'est quelquechose qui est quotidien depuis des années"

"Tous les gens qui sont allés sur le terrain ont vu pareil atrocité. C'est quelquechose qui est quotidien depuis des années", se désole de son côté Philippe Douste-Blazy, secrétaire général adjoint des Nations unies et président d'Unitaid. 

L'ancien ministre des Affaires étrangères, qui revient de Lampedusa, estime qu'il faut remonter à la Seconde guerre mondiale "pour voir pareille atrocité". Le président de l'organisation Unitaid, qui négocie des médicaments contre le sida, le paludisme et la tuberculose pour les pays pauvres grâce à ses revenus provenant d'une taxe sur les billets d'avion, se positionne catégoriquement contre les mesures prises par certains pays de l'Europe de l'Est comme le mur en Hongrie.

K. L.