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Bachar al Assad accusé d'utiliser des bombes à sous-munitions

A Taftanaz, près de Maarat al Nouamane, dans le nord-ouest de la Syrie, fin septembre. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, les forces gouvernementales syriennes ont largué des bombes à sous-munitions de fabrication ru

A Taftanaz, près de Maarat al Nouamane, dans le nord-ouest de la Syrie, fin septembre. Selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, les forces gouvernementales syriennes ont largué des bombes à sous-munitions de fabrication ru - -

par Angus MacSwan et Khaled Yacoub Oweis BEYROUTH/AMMAN (Reuters) - Les forces gouvernementales syriennes ont largué des bombes à sous-munitions de...

par Angus MacSwan et Khaled Yacoub Oweis

BEYROUTH/AMMAN (Reuters) - Les forces gouvernementales syriennes ont largué des bombes à sous-munitions de fabrication russe sur des zones civiles au cours de la semaine écoulée, a affirmé dimanche l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).

Les insurgés syriens ont annoncé avoir encerclé une base de l'armée près d'Ouroum al Soughra, dans le nord-ouest du pays, sur la route entre Alep et la frontière turque. Ils ont également diffusé sur internet une vidéo censée montrer un avion de combat gouvernemental abattu la veille dans la région.

Les forces rebelles affirment avoir étendu leur emprise ces derniers jours sur cette zone, prenant le contrôle de plusieurs villes près de la frontière turque et progressant dans la plaine d'Al Rouge, à l'ouest d'Idlib, la capitale provinciale.

Le contrôle de cette province d'Idlib est essentielle pour les insurgés qui luttent contre les forces d'Assad à Alep, la capitale économique de la Syrie.

L'agence officielle syrienne Sana a rapporté dimanche que des dizaines de "terroristes" avaient été tués à Alep par les forces loyalistes.

Les gouvernementaux contrôlent toujours la ville d'Idlib, sur la route entre Alep et le port de Lattaquié.

Le long de la frontière avec la Turquie, des affrontements se sont poursuivis dans la ville syrienne de Darkouche.

Sur le plan diplomatique, l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe, l'Algérien Lakhdar Brahimi, est attendu dans la journée à Téhéran, où il doit notamment rencontrer le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.

La tension entre Ankara et Damas n'est pas retombée. Après l'interception par les Turcs mercredi d'un de ses avions de ligne venant de Moscou, la Syrie a interdit à tous les avions turcs le survol de son territoire. La Turquie a répliqué en prenant la même mesure contre les appareils syriens.

DES ARMES INTERDITES PAR PLUS DE CENT PAYS

Selon HRW, des bombes à sous-munitions ont été larguées par des avions et des hélicoptères gouvernementaux principalement dans le secteur de Maarat al Nouamane, une ville au sud d'Alep située sur l'axe routier stratégique reliant la grande ville du Nord à Damas. Les rebelles ont annoncé mardi la prise de cette localité.

HRW avait déjà signalé en juillet et en août l'utilisation par les forces syriennes de bombes à sous-munitions.

Ces nouvelles frappes illustreraient la détermination des forces loyalistes à reprendre le contrôle de l'axe stratégique Alep-Damas actuellement coupé par la rébellion.

Selon l'ONG basée à New York, les villes principalement visées ont été Maarat, Tamanea, Taftanaz et al Tah. D'autres bombes à sous-munitions ont été employées dans les provinces de Homs, Alep et Lattaquié, et à proximité de Damas.

HRW dit avoir été alerté de l'usage de ces bombes, qui lâchent dans leur chute de nombreux autres projectiles explosifs, par des vidéos postées sur internet par l'opposition.

Des enquêteurs de l'organisation ont pu confirmer certains bombardements en s'entretenant avec des habitants des villes de Taftanaz et Tamanea, deux communes proches de Maarat al Nouamane. L'un d'eux a déclaré que des hélicoptères avaient largué ce type de bombe mardi dernier.

Le groupe dit n'avoir aucune information sur d'éventuelles victimes.

Plus de cent pays ont officiellement banni l'usage des bombes à sous-munitions en vertu d'une convention entrée dans le droit international en 2010. La Syrie n'a pas signé ce texte, pas plus que la Russie, la Chine et les Etats-Unis.

Avec Nick Tattersall et Ece Toksabay à Istanbul, Jonathon Burch à la frontière syro-turque et Yeganeh Torbati à Dubaï; Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français