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Au moins 113 morts dans l'éboulement de la décharge en Ethiopie 

Un éboulement d'ordures dans la plus grande décharge d'Ethiopie, en périphérie d'Addis Abeba, le 12 mars 2017

Un éboulement d'ordures dans la plus grande décharge d'Ethiopie, en périphérie d'Addis Abeba, le 12 mars 2017 - ZACHARIAS ABUBEKER, AFP

Un nouveau bilan fait état de 113 morts, après l'effondrement d'une montagne d'ordure dans une décharge à Addis Abeba en Éthiopie samedi 11 mars.

Au moins 113 personnes ont péri dans la catastrophe provoquée samedi soir par un éboulement dans la plus grande décharge d'ordures d'Ethiopie, selon un nouveau bilan communiqué mercredi par les autorités.

"Le nombre total de morts est désormais de 113", a indiqué à l'AFP Dagmawit Moges, une porte-parole de la municipalité d'Addis Abeba.

Dagmawit Moges a précisé que la plupart des victimes étaient des "squatteurs" habitant sur cette décharge et fouillant quotidiennement les hauts amoncellements de déchets à la recherche d'objets susceptible d'avoir de la valeur.

Un flanc entier s'est détaché

Des témoins et rescapés interrogés par l'AFP ont affirmé qu'un flanc de la principale montagne de déchets s'était subitement détaché samedi soir et avait emporté des habitations de fortune des résidents de la décharge de Koshe, qui signifie "saleté" en argot amharique, la principale langue du pays.

Un éboulement d'ordures dans la plus grande décharge d'Ethiopie, en périphérie d'Addis Abeba, le 12 mars 2017
Un éboulement d'ordures dans la plus grande décharge d'Ethiopie, en périphérie d'Addis Abeba, le 12 mars 2017 © ZACHARIAS ABUBEKER, AFP

Travaux d'aplanissement

Les résidents soutiennent que cet effondrement est dû à des travaux d'aplanissement au sommet de la montagne de déchets, dans le cadre de la construction d'une centrale au biogaz exploitant les ordures. Ces travaux auraient accentué la pression sur les flancs de la colline, entraînant l'éboulement.

"C'est arrivé parce qu'ils compressaient les déchets", a commenté Ibrahim Mohamed, dont la bicoque a échappé de justesse à l'éboulement.

Berhanu Degefe, a reconnu que les autorités avaient demandé aux chiffonniers d'évacuer le dépotoir en raison des travaux, mais que ceux-ci étaient restés malgré les avertissements. La décharge avait en outre été fermée l'année passée au profit d'un autre dépôt d'ordures, où les habitants de Koshe n'ont pas souhaité "déménager".

Une cinquantaine d'abris épargnés

Un journaliste de l'AFP présent sur place a remarqué de nombreuses autres fissures sur la partie supérieure de l'immense monticule, suggérant que d'autres éboulements sont à craindre.

Koshe est depuis plus de 40 ans le principal lieu d'entreposage des ordures d'Addis Abeba, capitale de 4 millions d'habitants à la croissance démographique galopante.

Selon les résidents interrogés par l'AFP, la décharge compte environ 300 habitants vivant dans une cinquantaine d'abris de fortune, dont quelques-uns ont été épargnés par l'éboulement. Ces habitations ont été construites au cours des deux à trois dernières années par les "squatteurs" qui, selon Berhanu Degefe, "vivent là où se trouve leur moyen de subsistance".

G.D. avec AFP