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Au Japon, des femmes interdites de porter des lunettes au travail

Des lunettes de vue (illustration).

Des lunettes de vue (illustration). - FRED TANNEAU / AFP

Différentes justifications sont avancées selon les secteurs de métiers. Mais les hommes, eux, ne seraient jamais concernés.

En juin, c'est un ministre japonais qui prenait position au sujet de la coutume nippone consistant à imposer le port de talons hauts aux femmes lorsqu'elles travaillaient. Ces derniers jours, c'est une polémique du même acabit qui est née dans l'archipel.

Selon la chaîne de télévision Nippon TV, rapportent plusieurs sources comme The Independant ou la BBC, de nombreuses entreprises interdisent à leurs salariées de porter des lunettes de vue au travail, alors que leurs collègues masculins ne seraient pas concernés. Avec une justification variant selon le secteur en question.

Par exemple, dans le secteur de la vente, le port de l'objet incriminé donnerait aux vendeuses une apparence froide peu souhaitable pour le client, selon des témoignages. Dans les restaurants traditionnels, ce serait car les lunettes s'accorderaient mal avec la tenue traditionnelle japonaise, et dans le milieu de la beauté, les lunettes ne permettraient pas de suffisamment montrer le maquillage des employées.

Une pétition pour faire changer les choses

Citée par la BBC, Kumiko Nemoto, professeure en sociologie à l'université de Kyoto, estime que ces contraintes d'un "autre temps" tiennent avant tout à des raisons sexistes. "C'est dû au genre. C'est assez discriminatoire", a déclaré l'enseignante.

Une pétition a été lancée afin d'inciter le pays du soleil-levant à en finir avec les contraintes vestimentaires pour les femmes. Sur les réseaux sociaux est recyclé le hashtag #KuToo, faisant écho à #MeToo et jouant sur deux mots japonais, "kutsu" et "kutsuu", signifiant respectivement "chaussures", et "douleur". Un mot-dièse déjà utilisé pour lutter contre le diktat des talons hauts.

En juin, écrivait Le Monde, la mobilisation contre la prescription du port de talons hauts s'était heurtée à un mur, puisque le ministre du Travail avait refusé de légiférer afin d'interdire aux entreprises d'imposer de telles contraintes à leurs salariées. Les lunettes connaîtront-elles un sort différent? À suivre.

Clarisse Martin