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Attentats de Bruxelles: Sébastien Bellin, miraculé, recherche l'homme qui lui a sauvé la vie

Sébastien Bellin, interrogé par l'émission américaine "Good Morning America".

Sébastien Bellin, interrogé par l'émission américaine "Good Morning America". - Capture d'écran ABC News

TÉMOIGNAGE – L'ancien international de basket Sébastien Bellin a eu les jambes broyées par le souffle de la seconde explosion de l'aéroport de Bruxelles- Zaventem, mardi. Aujourd'hui, il rend hommage à cet inconnu qui lui a sauvé la vie, sans lui donner son nom.

"Cet homme m'a tiré de l'enfer". L'ex-international belge de basket Sébastien Bellin, qui compte parmi les 270 blessés des attentats de Bruxelles, doit sa vie à un inconnu, qui lui a "posé un double garrot de fortune avec son foulard sur mes jambes", raconte-t-il au Parisien. "Je ne sais pas qui il est. Et je voudrais bien le connaître", témoigne-t-il depuis son lit d'hôpital. 

Mardi matin, le pivot passé par les Golden Grizzlies de l'Université d'Oakland attendait tranquillement son vol pour les Etats-Unis, où il passe une partie de sa vie. Lorsque la première explosion a déchiré l'air, peu avant 8 heures, il s'est mis à courir. Mais soudain, ce colosse de 2m06 et 115 kilos a été propulsé sur vingt mètres, soufflé "comme un oreiller de plumes" par la seconde déflagration, explique-t-il au quotidien belge Le Soir.

"J'ai senti que je n'allais plus tenir"

"Et là, je ne pouvais plus bouger", poursuit-il dans les colonnes du Parisien. Ses jambes ont été broyées. "Pendant tout ce temps, je me disais 'je vais y arriver, je vais y arriver, je vais y arriver'", relate Sébastien Bellin, au bord des larmes, interrogé par l'émission américaine Good Morning America sur ABC News.

Pendant plus d'une heure, le basketteur reste allongé sur le sol, baignant dans son sang - un cliché pris pendant cette longue attente sera l'une des photos les plus partagées sur les réseaux sociaux.

"J'ai senti que je n'allais plus tenir", explique-t-il au quotidien francilien. "Mon sauveur est parti puis il est revenu courageusement avec ce trolley car on pouvait tous redouter une autre explosion. Il m'a alors posé dans un chariot à bagages et m'a conduit à l'extérieur vers des pompiers qui arrivaient", se remémore-t-il.

"Franchir le cap du traumatisme psychologique"

Vingt minutes plus tard, Sébastien Bellin est pris en charge à l'hôpital Erasme. Son épouse Sara a expliqué via Facebook que la jambe de son mari était "quasiment séparée en deux" avant l'opération et que sa hanche était cassée:

"Et il y a toujours des fragments de bombe à l'intérieur de lui. Il a très mal, mais il a dit que ce n'est rien comparé à ce qui est arrivé aux autres gens. Il dit qu'il a eu de la chance".

L'ancien sportif de 37 ans - il a pris sa retraite il y a deux ans - sait que la rééducation va être longue. "J'ai survécu, c'est déjà bien", conclut-il dans Le Parisien. "Il faut franchir le cap du traumatisme psychologique et physique. Mais j'ai une certitude, je vais devoir profiter un peu plus de la vie et de mes filles. C'est juré".
Caroline Piquet