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Attentats dans des bars de Kampala, au moins 23 morts

L'une des nombreuses personnes blessées dans l'un des deux attentats de dimanche soir à Kampala. Deux explosions ont ravagé des bars dans lesquels le foule s'était rassemblée pour suivre la finale de la Coupe du Monde de football. /Photo prise le 12 juill

L'une des nombreuses personnes blessées dans l'un des deux attentats de dimanche soir à Kampala. Deux explosions ont ravagé des bars dans lesquels le foule s'était rassemblée pour suivre la finale de la Coupe du Monde de football. /Photo prise le 12 juill - -

par Elias Biryabarema KAMPALA (Reuters) - Deux attentats à la bombe ont fait au moins 23 mort dimanche soir à Kampala, la capitale ougandaise, dans...

par Elias Biryabarema

KAMPALA (Reuters) - Deux attentats à la bombe ont fait au moins 23 mort dimanche soir à Kampala, la capitale ougandaise, dans des bars qui retransmettaient la finale de la Coupe du monde de football.

Un ressortissant américain figure au nombre des tués, a précisé un porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis.

Un des attentats visait l'Ethiopian Village, un restaurant du quartier de Kabalagala, haut lieu de la vie nocturne à Kampala. La foule des grands jours s'y était rendue pour suivre le match entre l'Espagne et les Pays-Bas. L'autre a frappé le Rugby Club.

"D'après les informations dont nous disposons, 13 personnes sont mortes ici à l'Ethiopian Village (ndlr, un restaurant) et de nombreuses autres ont été blessées, et plus de dix personnes ont été tuées au Rugby Club", a déclaré à la presse l'inspecteur général de police Kale Kayihura.

La police estime possible que ces attaques aient visé directement la communauté étrangère. "Ceux qui ont attaqué l'Ethiopian Village visaient probablement des expatriés", a dit l'inspecteur Kayihura.

Mais les enquêteurs ne disposent pas à ce stade d'indication certaine sur l'identité des poseurs de bombe.

LE FOYER SOMALIEN D'INSTABILITÉ

L'an dernier, les miliciens somaliens Al Chabaab avaient menacé de frapper Kampala pour dénoncer la présence de soldats ougandais au sein de la force de maintien de la paix de l'Union africaine en Somalie.

L'Armée de résistance du seigneur (LRA), qui a combattu vingt ans dans le nord du pays avant de se réfugier au Soudan et plus loin encore en Afrique centrale, pourrait également être parmi les suspects, de même que les Forces démocratiques alliés (ADF), dont le gouvernement indiquait en mai qu'elles se regroupaient sans doute le long de la frontière occidentale avec la République démocratique du Congo.

Le mode opératoire - deux attentats au même moment - évoque aussi la piste d'Al Qaïda ou de groupes armés s'inspirant et se réclamant du réseau dirigé par Oussama ben Laden.

Les deux engins ont explosé alors que la finale touchait à sa fin. "Nous regardions le match, il devait rester trois minutes de jeu lorsqu'une explosion s'est produite. Elle était très puissante", a raconté Juma Seiko, rencontré devant le Kampala Rugby Club.

L'Ouganda, troisième économie africaine, vit dans une relative stabilité. Mais son implication en Somalie l'expose potentiellement à une menace islamiste.

Samedi, le président somalien Sheikh Sharif Ahmed a fait part à l'agence Reuters de son inquiétude face au nombre croissant de djihadistes étrangers joignant les rangs de l'insurrection islamiste et a dit y voir une menace croissante également contre la stabilité dans la région.

A Washington, le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison blanche, Mike Hammer, a déclaré que les Etats-Unis étaient "disposés à fournir toute aide requise au gouvernement ougandais".

Nicole Dupont et Henri-Pierre André pour le service français