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Russie: les Pussy Riot veulent "chasser" Poutine et le remplacer par Khodorkovski

L'activiste Nadejda Tolokonnikova vendredi à Moscou, devant la cathédrale Saint-Saveur où elle avait chanté une prière anti-Poutine en 2012.

L'activiste Nadejda Tolokonnikova vendredi à Moscou, devant la cathédrale Saint-Saveur où elle avait chanté une prière anti-Poutine en 2012. - -

Nadejda Tolokonnikova, une des deux jeunes femmes du groupe contestataire russe Pussy Riot libérées cette semaine, veut voir Poutine remplacé par l'ex-oligarque Mikhaïl Khodorkovski.

Désormais libres, les activistes russes Pussy Riot n'ont rien perdu de leur détermination. Nadejda Tolokonnikova, l'une des deux jeunes femmes libérées cette semaine, a expliqué vendredi toujours souhaiter "chasser" le président Vladimir Poutine du pouvoir.

"En ce qui concerne Vladimir Poutine, nous n'avons pas changé de position", a déclaré Nadelda Tolokonnikova lors d'une conférence de presse qu'elle donnait à Moscou avec l'autre membre de Pussy Riot libérée, Maria Alekhina. "Nous voudrions continuer à faire ce pour quoi on nous a mises en prison. Nous voulons comme auparavant le chasser" du pouvoir, a-t-elle ajouté.

Interrogées sur la personne qu'elles aimeraient voir à la présidence, la jeune femme a répondu: "J'aimerais beaucoup inviter Mikhaïl Borissovitch (Khodorkovski, ndlr) à ce poste". "Je suis solidaire avec cela", a répondu Maria Alekhina.

L'ex-oligarque a, lui, déclaré le week-end dernier ne plus voir faire de la politique.

Poutine "a vraiment peur de beaucoup de choses"

"Poutine est un tchékiste (un terme de l'époque soviétique pour évoquer des membres des services de sécurité, la Tcheka étant l'ancêtre du KGB, ndlr) fermé, opaque, avec une multitude de craintes, il a vraiment peur de beaucoup de choses", a jugé Nadelda Tolokonniva. Téchékiste est un terme de l'époque soviétique pour évoquer des membres des services de sécurité, la Tcheka étant l'ancêtre du KGB.

"Je pense qu'il pense vraiment que l'Occident est une menace pour notre pays", a-t-elle ajouté.Pour Poutine, "il y a en permanence des conspirations, des soupçons", a renchéri Maria Alekhina. "Si une personne essaie de tout contrôler (...) alors tôt ou tard, et plutôt tôt, le contrôle lui échappera des mains. Tout d'abord parce que c'est impossible de tout contrôler", a-t-elle dit.

"Indispensable de s'occuper des prisons"

Les deux jeunes femmes veulent également se consacrer à la défense des détenus. "Personne ne sait véritablement ce qu'il se passe dans les colonies pénitentiaires, tout le monde l'ignore et surtout ce qui est plus grave, selon moi, c'est ce que ça suscite une véritable indifférence", a déclaré Maria Alekhina.

Les deux jeunes femmes, condamnées en août 2012 pour avoir chanté une prière "anti-Poutine" dans la cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, ont été remises en liberté lundi après avoir été amnistiées en vertu d'une loi approuvée par le Parlement russe la semaine dernière. Elles devaient initialement sortir de détention en mars 2014.

K. L. avec AFP