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Peine de mort: la Chine très largement en tête des exécutions

Un lit sur lequel on administre l'injection létale aux condamnés à mort, à Huntsville, au Texas. Les Etats-Unis comptent parmi les 22 pays qui ont appliqué la peine de mort en 2013.

Un lit sur lequel on administre l'injection létale aux condamnés à mort, à Huntsville, au Texas. Les Etats-Unis comptent parmi les 22 pays qui ont appliqué la peine de mort en 2013. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Un peu moins de 4.000 personnes seraient condamnées à mort chaque année en Chine, selon Amnesty International, contre 778 dans le reste du monde en 2013. Un chiffre qui frappe, alors que le président chinois poursuit sa visite officielle en France.

La Chine détient un triste record: celui des exécutions de prisonniers condamnés à mort. La Chine a exécuté des milliers de personnes en 2013, soit bien plus que le total de 778 condamnés à qui a été appliquée la peine de mort dans le reste du monde, dénonce l'ONG Amnesty International, en pleine visite officielle du président chinois Xi Jinping en France, au côté de François Hollande.

"La Chine a continué d'exécuter davantage de personnes que les autres pays du monde rassemblés", a souligné l'ONG dans son rapport annuel sur la peine de mort publié jeudi.

Le nombre d'exécutions capitales est un secret d'Etat en Chine, aussi Amnesty parvient à son chiffre de plusieurs milliers en se fondant sur des estimations. L'ONG appelle régulièrement Pékin à rendre publiques les données sur les condamnations à mort et les exécutions.

La Chine a ces dernières années supprimé la peine de mort pour certains types d'actes de "criminalité en col blanc" et a promis en novembre dernier de continuer à raccourcir cette liste. De plus, une réforme de 2007 exigeant l'approbation de la Cour suprême chinoise pour toutes les sentences capitales a entraîné un recul des exécutions, selon certaines organisations de défense des droits de l'homme.

Human Rights Watch a ainsi estimé en janvier que le nombre des exécutions dans le pays "était tombé sous le seuil de 4.000 (par an) ces dernières années", contre environ 10.000 une décennie auparavant.

Les exécutions en hausse dans le monde

Dans le monde, si l'on exclut la Chine muette sur ses statistiques, au moins 778 condamnés ont été exécutés en 2013, contre 682 l'année précédente, toujours selon Amnesty Internaional.

Une "nette flambée" attribuée à l'Iran et à l'Irak. "Deux pays sont à l'origine de l'augmentation des exécutions en 2013: ce sont l'Iran et l'Irak" et ce chiffre est en deçà de la réalité, sachant que le régime de Téhéran minore le nombre des suppliciés, a déclaré à l'AFP Audrey Gaughran, directrice des affaires internationales à Amnesty.

Arrivent en deuxième position du classement, l'Iran (au moins 369 exécutions en 2013), suivi de l''Irak (169). L'Arabie saoudite pointe en quatrième position (79), suivi des Etats-Unis (39) et de la Somalie (34).

"Un petit nombre de ces pays seulement ont commis l'essentiel de ces meurtres absurdes financés par l'Etat", a souligné pour sa part le secrétaire général d'Amnesty, Salil Shetty.

L'Indonésie, le Koweït, le Nigeria et le Vietnam ont repris les exécutions.

22 pays appliquent la peine de mort

"En dépit des revers enregistrés en 2013, on constate depuis vingt ans une baisse régulière du nombre de pays recourant à la peine de mort", selon Amnesty International. Alors que 37 l'appliquaient il y a 20 ans, ce nombre a chuté à 25 en 2004 et à 22 l'an dernier.

Parmi les pays à avoir marqué une pause en 2013 figurent notamment la Gambie, les Emirats arabes unis et le Pakistan. Aucune peine capitale n'a été mise à exécution non plus au Bélarus, signifiant qu'aucune exécution n'a été pratiquée sur le continent européen et en Asie centrale en 2013.

"La tendance sur le long terme est claire: la peine de mort devient une pratique du passé", a affirmé Amnesty, appelant "tous les gouvernements qui tuent toujours au nom de la justice à décider immédiatement d'un moratoire sur la peine de mort, en vue de l'abolir".

Les méthodes d'exécutions dans le monde en 2013 incluent l'électrocution, la décapitation, la pendaison, l'injection létale et le peloton d'exécution. Certaines peines capitales se font en public, comme en Iran, en Corée du Nord, en Arabie saoudite et en Somalie.

Elle est parfois appliquée pour des crimes n'ayant pas provoqué la mort, comme le vol ou le trafic de drogue, ou des actes "qui ne devraient pas être considérés comme des crimes comme l'adultère et le blasphème", selon Amnesty.

Des peines de mort sont aussi parfois exécutées dans le plus grand secret, sans même que la famille ou les avocats du prisonnier soient informés à l'avance de l'exécution.

V.R. avec AFP