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Norodom Sihanouk, mort du "père de l'indépendance" cambodgienne

Le Cambodge, pays de Norodom Sihanouk

Le Cambodge, pays de Norodom Sihanouk - -

Couronné roi une première fois à 18 ans, marié six fois, Norodom Sihanouk a été une figure du Cambodge, qu'il avait conduit à l'indépendance en 1953.

L'ancien roi du Cambodge Norodom Sihanouk est décédé lundi à Pékin à l'âge de 89 ans. Couronné roi une première fois à 18 ans, marié six fois, Norodom Sihanouk a été une figure du Cambodge, qu'il avait conduit à l'indépendance en 1953.

Roi, Premier ministre ou chef de l'Etat sur une période de plus de 60 ans avec quelques interruptions, il avait surpris en abdiquant le 6 octobre 2004 au profit de son fils, Norodom Sihamoni. Des cancers, du diabète et de l'hypertension le contraignaient depuis longtemps à des séjours médicaux multiples et prolongés à Pékin.

60 ans au pouvoir

Né le 31 octobre 1922, fils du roi Norodom Suramarit et de la reine Kossamak Nearireath, Norodom Sihanouk avait été couronné roi une première fois en 1941, à 18 ans, par les autorités coloniales françaises. Il avait conduit le Cambodge à l'indépendance en 1953, sans effusion de sang.

Deux ans plus tard, il abdiquait en faveur de son père pour devenir Premier ministre à la tête du mouvement politique qu'il a fondé, le "Sangkum Reastr Niyum". A la mort du roi, en 1960, il devient chef de l'Etat mais préfère laisser le trône vacant et se contenter du titre de "prince".

En mars 1970, en pleine guerre du Vietnam, Sihanouk est chassé du pouvoir par le putsch pro-américain du général Lon Nol. Réfugié pendant cinq ans en Chine, il revient à Phnom Penh en septembre 1975, comme chef d'Etat symbolique du Cambodge, quelques mois après la prise du pouvoir des Khmers rouges.

L'année suivante, il est contraint à la démission par les Polpotistes et passe près de deux ans et demi en résidence surveillée dans le Palais Royal. Sa captivité s'achèvera juste avant l'arrivée des troupes vietnamiennes à Phnom Penh qui marque la fin du régime khmer rouge.

Six femmes, 14 enfants

Il prend alors la tête de la résistance multipartite cambodgienne contre le régime pro-vietnamien de Phnom Penh jusqu'aux Accords de paix de Paris en octobre 1991, qui aboutiront en septembre 1993 à sa consécration comme monarque constitutionnel qui "règne mais ne gouverne pas".

Inquiet de voir le Cambodge abolir la monarchie constitutionnelle à son décès et ne pouvant théoriquement désigner lui-même son successeur, élu par le Conseil du trône, Norodom Sihanouk avait pesé de tout son poids pour que son fils préféré lui succède, en 2004.

Six fois marié - sa dernière épouse, Monique Izzi, est un ancienne mannequin d'origine italienne et cambodgienne-, l'héritier des bâtisseurs d'Angkor a eu quatorze enfants, dont cinq tués sous les Khmers rouges.

En octobre 2009, il avait estimé sur son site internet qu'il avait vécu trop longtemps et espérait mourir. "Cette trop longue longévité me pèse comme un poids insupportable", écrivait-il dans une note manuscrite postée sur son site.