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Japon: une ville dépense ses subventions Covid pour la construction d'une statue de calamar géant

Un calamar géant (Photo d'illustration)

Un calamar géant (Photo d'illustration) - Akinobu Kimura - Diving shop Kaiyu - AFP

La ville côtière de Noto a dépensé des fonds d'urgence alloués pour faire face à la pandémie de Covid-19 dans la construction d'une grande statue à l'effigie d'un calamar, afin de promouvoir le tourisme.

Une fausse bonne idée. La ville japonaise de Noto, située dans la préfecture d'Ishikawa, a déboursé 25 millions de yens d'aides publiques, soit près de 190.000 euros, dans la construction d'une statue d'une longueur de 13 mètres et représentant un calamar géant, selon le Chunichi Shinbun.

Le quotidien régional japonais rapporte que les autorités locales ont soutenu cette initiative dans un souci de relance de la campagne touristique de ce territoire durement frappé économiquement par la pandémie. Le calamar fait par ailleurs partie des mets particulièrement appréciés par les touristes visitant la région.

Le Japon a lui aussi souffert d'une chute de son activité touristique depuis le début de la catastrophe sanitaire. Les villes du pays ont donc reçu une aide du gouvernement pour les aider à surmonter financièrement cette crise sanitaire et économique.

Le pays en état d'urgence sanitaire

Selon le Guardian, qui rapporte le Fuji News Network, la ville de Noto a reçu pas moins de 800 millions de yens, soit 6,1 millions d'euros, pour sauver ses finances. Si rien n'obligeait la mairie de Noto à dépenser cette somme dans les infrastructures de santé publique, l'argent déboursé pour cette attraction fait polémique, d'autant qu'il n'y avait pas d'urgence à relancer l'activité touristique.

Le Japon s'est de nouveau déclaré fin avril en état d'urgence sanitaire car en proie à une forte résurgence de l'épidémie. Les autorités envisagent même de le prolonger dans certaines préfectures du pays, dont celle de Tokyo, où doivent se tenir cet été - sans spectateurs de l'étranger - les JO, initialement prévus l'été dernier.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV