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Japon: le Premier ministre Shinzo Abe réélu à la tête de son parti

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe. - Martin BUREAU / AFP

Jeudi, Shinzo Abe a été réélu à la tête de son parti, victoire qui lui offre la possibilité de pouvoir rester Premier ministre jusqu'en 2021.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a été largement réélu jeudi à la tête de son parti, s'offrant ainsi la possibilité de rester à la tête du pays jusqu'en 2021 et de battre du même coup un record de longévité.

Shinzo Abe a gagné 553 voix des 807 exprimées, dont 329 des 405 députés et sénateurs membres de sa formation, le Parti libéral-démocrate (PLD). Son rival Shigeru Ishiba a obtenu un score honorable chez les représentants des militants et sympathisants. 

Infrastructures et Constitution 

Le Premier ministre s'est engagé à mettre en oeuvre ses promesses électorales, notamment un renforcement des infrastructures permettant de mieux résister aux catastrophes naturelles.

Il a également mentionné la charte constitutionnelle, qu'il rêve d'amender pour réaliser l'ambition ultime du PLD depuis sa création en 1955.

"Avec vous tous, je veux travailler à la réforme de la Constitution. La bataille (électorale) est finie. Construisons un nouveau Japon en joignant les mains et en nous unissant!", a-t-il lancé.

"L'élection était vue comme un vote de confiance pour juger son travail jusqu'à présent, et M. Abe a réussi à l'emporter. Mais il ne peut pas tant se féliciter du résultat car il n'a pas gagné massivement", a souligné Shinichi Nishikawa, politologue de l'Université Meiji à Tokyo.

Scandales

Shinzo Abe avait reconnu pendant la campagne que la confiance en son gouvernement avait été en partie affectée par les scandales qui ont occupé la presse depuis deux ans: il a notamment été accusé de favoritisme envers des amis.

Si cette élection au sein du parti revêt une telle importance, c'est que ce scrutin désigne de facto le Premier ministre puisque le fauteuil de chef du gouvernement échoit pour ainsi dire automatiquement à celui qui préside la formation majoritaire à la diète.

Plusieurs défis attendent cependant Shinzo Abe et l'absence de plébiscite des militants devrait, selon des analystes, le contraindre à faire avancer réellement les dossiers économiques.

Plusieurs défis

"L'année prochaine, nous aurons le changement d'empereur, puis le sommet du G20 pour la première fois (au Japon) et l'année suivante, nous aurons les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo", a-t-il lui-même souligné.

Et de signifier qu'il espérait renouveler la performance de 1964 quand les premiers JO de Tokyo avaient donné un élan économique et une stature internationale au Japon.

"Nous allons relever le défi de créer la nouvelle place du Japon en renouvelant le pays", a-t-il encore promis.

Outre la nécessité de donner un coup de fouet pour trouver un nouveau moteur de croissance, Shinzo Abe a promis beaucoup pour les femmes (plus d'égalité dans la vie professionnelle), pour les enfants (places de crèche, gratuité d'une partie de la scolarité), pour les salariés (meilleur environnement de travail), pour les personnes âgées (maintien de leur prise en charge, facilité à rester en activité), le tout en pérennisant le système de protection sociale déjà mis à mal.

B.L. avec AFP