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Japon: le monde du sumo terni par une accusation d'agression

Le champion de sumo Harumafuji le 13 novembre 2017.

Le champion de sumo Harumafuji le 13 novembre 2017. - AFP

Une plainte a été déposée à l'encontre du grand champion de sumo Harumafuji, soupçonné d'avoir violemment agressé un collègue en lui fracassant notamment une bouteille de bière sur la tête.

Le monde bien ordonné et très hiérarchisé du sumo est sous le choc. Il se retrouve en effet secoué par un scandale: l'un des grands champions vénérés de la discipline est accusé d'avoir agressé un autre lutteur en lui fracassant une bouteille de bière sur le crâne.

Le "yokozuna", ou "grand champion" mongol Harumafuji a présenté des excuses devant les médias japonais, tandis que des responsables de ce sport traditionnel enquêtent sur cet incident qui a conduit à sa suspension d'un tournoi en cours.

Rencontre arrosée

Plusieurs médias ont rapporté que Harumafuji, 33 ans, avait frappé son compatriote Takanoiwa, 27 ans, le mois dernier lors d'une rencontre arrosée de lutteurs de sumo mongols. Le Japon compte quatre yokozuna, trois Mongols et un Japonais.

Harumafuji s'est déchaîné contre Takanoiwa quand celui-ci a voulu prendre un appel sur son portable alors que le yokozuna lui parlait, ce qu'il a visiblement interprété comme un manque de respect à son encontre. Après lui avoir fracassé une bouteille de bière sur le crâne, Harumafuji a ensuite frappé à plusieurs reprises Takanoiwa avec ses poings, même après que celui-ci, en sang, se soit effondré, selon le quotidien Mainichi Shimbun.

Le chargé des questions juridiques de l'Association japonaise de sumo, Tomokatsu Taniguchi, a indiqué que le maître d'écurie de Takanoiwa avait remis un certificat médical concernant une blessure à la tête qui nécessiterait deux semaines pour être soignée.

Véritable scandale au Japon

Harumafuji est l'un des quatre "yokozuna" actuellement en activité, le rang suprême de ce sport national au Japon, où les champions sont adulés mais doivent faire preuve d'une conduite exemplaire, y compris en dehors du "dohyo" (le ring du sumo).

Le scandale, qui a eu un énorme retentissement au Japon, a éclaté au grand jour mardi et a déjà contraint Harumafuji à s'excuser publiquement devant les médias, qui ont afflué sur son lieu d'entraînement à Dazaifu, sur l'île de Kyushu.

"Je présente mes profondes excuses pour les blessures de Takanoiwa", a déclaré Harumafuji aux journalistes venus en masse sur son lieu d'entraînement à Dazaifu, sur l'île de Kyushu (sud-ouest du Japon), avant de laisser le "maître d'écurie" répondre aux autres questions.

Des tabloïds japonais réclamaient mercredi l'arrestation de Harumafuji, ou l'exhortaient à mettre un terme à sa carrière."Un yokozuna est comme un dieu, et ce n'est pas bon si une telle personne devient ivre et frappe quelqu'un", a commenté à la chaîne privée TBS Kyokushuzan, un ancien lutteur de sumo, lui aussi de nationalité mongole.

Le sujet s'est même invité mercredi au point de presse quotidien du porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga. "Beaucoup de gens souhaitent que les lutteurs donnent le meilleur d'eux-mêmes à l'entraînement (...) et qu'ils se conduisent en ayant à l'esprit la longue histoire" de ce sport, a-t-il ajouté.

Une plainte déposée

Une plainte a été déposée à l'encontre de Harumafuji, a indiqué mercredi l'Association japonaise de sumo. La plainte a été déposée par le maître d'écurie de la victime, Takanoiwa, de nationalité mongole comme Harumafuji, selon un porte-parole de l'Association.

L'organisation sportive a aussi diligenté une commission d'enquête interne sur cette affaire, a ajouté le porte-parole, qui ne souhaitait pas en dire plus "tant que nous n'aurons pas fait la lumière sur cet incident".

Le sumo est un sport très ancien, caractérisé par le gabarit impressionnant de ses lutteurs, entouré de tout un rituel et associé à un entraînement extrêmement rigoureux et une hiérarchie stricte, est fréquemment l'objet de rumeurs de combats truqués, de paris illégaux et de récits d'abus physiques extrêmes.

A.S. avec AFP