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Indonésie: deux autres Français purgent de longues peines pour trafic de drogue

Serge Atlaoui qui s'est vu infliger la peine de mort en 2007.

Serge Atlaoui qui s'est vu infliger la peine de mort en 2007. - ROMEO GACAD / AFP

De nombreux étrangers sont dans le couloir de la mort en Indonésie, mais aucune exécution n'a eu lieu depuis deux ans. Zoom sur les cas de Serge Atlaoui et Gérard Debetz.

Le Français Michaël Blanc, arrêté en 1999 à Bali avec 3,8 kilos de haschisch dans des bouteilles de plongée et condamné à une lourde peine de prison, va pouvoir rentrer en France à partir de samedi, au bout de près de 19 ans passés en détention en Indonésie.

Si cet homme, condamné à la prison à perpétuité, alors qu'il risquait la peine de mort, voit enfin le bout du tunnel, deux autres Français purgent de longues peines pour trafic de drogue en Indonésie. Il s'agit de Gérard Debetz, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2011, et de Serge Atlaoui qui s'est vu infliger la peine de mort en 2007.

De nombreux étrangers sont dans le couloir de la mort en Indonésie, mais aucune exécution n'a eu lieu depuis deux ans.

Gérard Debetz, condamné à la prison à perpétuité

Il est originaire de Limoges. Il a été arrêté le 11 janvier 2011 à l'aéroport de Jakarta, en possession de 5,1 kilos d'amphétamines, alors qu'il arrivait d'Istanbul. En octobre de la même année, Gérard Debetz est condamné à la prison à perpétuité en Indonésie.

Serge Atlaoui, condamné à la peine capitale

Cet artisan soudeur, habitant de Metz, avait été condamné à la peine capitale en mai 2007 pour avoir travaillé dans une unité de production d'ecstasy. Détenu sur l'île de Java, il tente alors d'obtenir une révision de son procès, affirmant qu'il ne savait pas que l'usine fabriquait de la drogue. 

En avril 2015, les médias indonésiens avaient annoncé l'exécution de huit prisonniers condamnés à mort. Annonce qui avait fortement inquiété les proche de Serge Atlaoui. Mais ce dernier avait été retiré, au dernier moment, de la liste des prisonniers à exécuter, attendant l'examen d'un dernier recours devant la Cour suprême indonésienne.

Cette demande de révision du procès a été finalement rejetée par la Cour suprême. La peine de mort est donc toujours effective.

Si cette peine capitale venait à être appliquée, Serge Atlaoui serait le premier Français exécuté depuis le 23 juin 1977, date à laquelle un criminel français du nom de Jérôme Carrein avait été condamné à mort en Indonésie. 

L'Indonésie est intransigeante avec le trafic de drogue

Selon la législation internationale, la peine de mort ne devrait s'appliquer qu'à des crimes de sang, tels que les assassinats et les meurtres, mais l'Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam appliquent la peine capitale pour le trafic de drogue, voire la possession d'infimes quantités de stupéfiants.

L'ampleur du fléau de la drogue dans cette région, plaque tournante du commerce international de produits stupéfiants comme l'héroïne, est l'une des explications avancées pour justifier le recours à la peine capitale. Ce triste statut s'explique par une position géographique stratégique, notamment du point de vue des grandes liaisons maritimes et du tourisme.

En Indonésie, le gouvernement justifie l'application de la peine capitale dans les affaires de drogue en expliquant que ce trafic fait des centaines de morts chaque année.

N.Ga., avec AFP