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Le monde préoccupé par les provocations nucléaires de la Corée du Nord

Kim Jong-Un  à Pyongyang

Kim Jong-Un à Pyongyang - -

Inquiétude à l'ONU et dans la communauté internationale, alors que la Corée du Nord a annoncé jeudi avoir approuvé le projet d'opérations militaires contre les États-Unis, y compris d'éventuelles frappes nucléaires.

La Corée du Nord a franchi un énième palier dans sa politique de confrontation en annonçant avoir approuvé le projet d'opérations militaires contre les Etats-Unis, y compris d'éventuelles frappes nucléaires, suscitant de vives inquiétudes dans la communauté internationale.

"La menace nucléaire n'est pas un jeu, c'est très sérieux. Je pense qu'ils (les Nord-Coréens, ndlr) sont allés trop loin dans leur rhétorique et je suis inquiet du fait que toute erreur de jugement dans cette situation puisse provoquer une crise aux conséquences très graves", a déclaré à Madrid le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Une guerre pourrait éclater "aujourd'hui ou demain"

Dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, l'état-major général de l'armée nord-coréenne a en effet déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi informer officiellement Washington que les Américains seront "écrasés" par des "moyens de frappe nucléaire".

Selon l'armée nord-coréenne, une guerre pourrait éclater "aujourd'hui ou demain". "Les Etats-Unis feraient mieux de réfléchir à la grave situation actuelle", ajoute-t-elle, jugeant que les vols de bombardiers B-52 et B-2 américains au-dessus de la Corée du Sud, à l'occasion de manoeuvres communes américano-sud-coréennes, étaient à l'origine de l'aggravation de la crise.

La Maison Blanche a fait savoir que les Etats-Unis prenaient "toutes les précautions nécessaires" face à ces menaces, tout en assurant ne pas être étonné par le comportement de Pyongyang.

"Il y a des éléments familiers" dans les déclarations du régime nord-coréen, a indiqué le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. Cela nourrit toutefois "évidemment la préoccupation" de Washington, "et nous prenons toutes les précautions nécessaires", a-t-il ajouté.

Ne pas "alimenter les tensions"

Des sources militaires citées par l'agence sud-coréenne de presse Yonhap disent que le Nord pourrait tirer un missile le 15 avril, date-anniversaire de la naissance du fondateur du régime communiste nord-coréen, Kim Il-Sung, mort en 1994.

Cependant, malgré l'essai considéré comme réussi d'un tir de missile en décembre, la Corée du Nord n'est pas considérée comme étant pour le moment capable de frapper directement la partie continentale du territoire américain. Mais Pyongyang a menacé de s'en prendre à Guam et à Hawaï et est en mesure d'atteindre la Corée du Sud et le Japon où sont respectivement déployés 28.500 et 50.000 militaires américains.

La Russie a jugé "totalement inacceptable" "le non-respect par Pyongyang des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU" et la Chine, seul allié de poids de la Corée du Nord, a demandé à "toutes les parties concernées de garder leur calme et de faire preuve de retenue".

Berlin et Paris ont exhorté Pékin à tenter d'amadouer le régime de Kim Jong-Un, la France souhaitant que les Chinois, qui ont "du pouvoir sur la Corée du Nord", interviennent dans la crise.

L'Union européenne a appelé Pyongyang jeudi à ne pas "alimenter les tensions" et à renoncer à faire redémarrer son réacteur nucléaire de la centrale de Yongbyon.

M.R. avec AFP