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La Corée du Nord décale ses horloges de 30 minutes

Le 30 juillet 2015 à Pyongyang

Le 30 juillet 2015 à Pyongyang - KNS - KCNA - AFP

La Corée du Nord va reculer son heure de référence d'une demi-heure pour revenir à celle d'avant la colonisation japonaise.

La mesure du temps imposée il y a plus d'un siècle par des "impérialistes japonais cruels" sera bientôt jetée aux orties. La Corée du Nord a annoncé ce vendredi l'adoption d'une nouvelle "heure de Pyongyang" et toutes les horloges du pays vont être retardées de 30 minutes.

A compter du 15 août, il sera GMT + 8 heures et demie en Corée du Nord, soit 30 minutes plus tard qu'en Corée du Sud qui, à l'instar du Japon, est à GMT + 9. Ce changement d'heure, qui a obtenu le feu vert mercredi du Parlement nord-coréen, marquera le 70e anniversaire de la libération de la péninsule coréenne du règne colonial japonais (1910-1945).

"Les cruels impérialistes japonais ont commis tant de crimes impardonnables, allant jusqu'à priver la Corée de son heure standard tout en piétinant ses terres, sans aucune merci", a rapporté l'agence officielle KCNA.

70e anniversaire de la libération

A l'ère pré-coloniale, il était GMT + 8h30 en Corée mais le Japon avait imposé son heure standard en 1912.

Le décret parlementaire traduit la "foi inébranlable et la volonté du peuple et de l'armée à l'occasion du 70e anniversaire de la libération de la Corée", ajoute KCNA. Le ministère sud-coréen de l'Unification, qui est chargé des affaires intercoréennes, a estimé que ce changement pouvait compliquer la situation, en particulier dans la zone industrielle intercoréenne de Kaesong, située en territoire nord-coréen.

"A plus long terme, il pourrait y avoir des conséquences sur les efforts pour unifier les normes et réduire les différences entre les deux pays", a ajouté un porte-parole. La Corée du Sud avait elle-même changé d'heure en 1954, également pour marquer sa rupture avec le Japon, avant de revenir en arrière en 1961, après l'arrivée au pouvoir de Park Chung-Hee à l'occasion d'un coup d'Etat militaire. Le nouvel homme fort avait alors expliqué que les deux principaux alliés des Etats-Unis dans la région, Séoul et Tokyo, se devaient d'être au diapason.