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Corées: le Nord et le Sud échangent des tirs en mer

Un exercice militaire en mer mené par les Etats-Unis et la Corée du Sud, le 29 mars.

Un exercice militaire en mer mené par les Etats-Unis et la Corée du Sud, le 29 mars. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Les tensions ont repris de plus belle lundi avec la décision de la Corée du Nord de lancer des obus, qui sont tombés dans les eaux territoriales de la Corée du Sud, selon les autorités. Des habitants ont été mis à l'abri.

Les Corées du Nord et du Sud ont échangé lundi des tirs près de la frontière maritime disputée, et Séoul a demandé aux habitants de deux îles voisines de se réfugier dans des abris, alors que les motifs de friction se multiplient sur la péninsule.

"Des obus tirés par la Corée du Nord sont tombés de notre côté de la frontière et nous avons répliqué en ouvrant le feu", a indiqué un porte-parole de l'état-major des armées sud-coréennes. Les tirs de part et d'autre ne semblaient pas immédiatement avoir été dirigés contre des cibles précises. "Pour le moment, les deux parties tirent dans la mer", a ajouté le porte-parole.

La Corée du Nord avait prévenu en début de matinée qu'elle mènerait des exercices à tirs réels en mer Jaune, près de la frontière maritime. Des manoeuvres qui ne sont pas rares, mais il est peu fréquent qu'elle en prévienne son voisin et ennemi. Pyongyang avait demandé à Séoul de "maîtriser" ses navires avant les manoeuvres. Séoul avait aussitôt répliqué en prévenant que tout débordement de son côté serait suivi de représailles.

Une frontière chaotique

La frontière maritime entre les deux pays a été à plusieurs reprises par le passé le théâtre d'échauffourées meurtrières. La dernière date de novembre 2010. Le Nord avait bombardé une île sud-coréenne près de cette frontière, causant la mort de quatre personnes et amenant la péninsule au bord du conflit.

Baptisée "Ligne de limite du Nord", la frontière a été tracée par les forces des Nations unies et des Etats-Unis en 1953, à la fin de la guerre de Corée. Pyongyang la conteste et refuse de la reconnaître. Pour le porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense, Wi Yong-Seop, Pyongyang "a envoyé le message pour souligner que leurs intentions étaient hostiles". "Leur but est de nous menacer, d'attiser les tensions sur la frontière en mer Jaune et sur la péninsule en général", a-t-il estimé.

Le Nord a désigné sept zones maritimes et prévenu le Sud qu'il devait tenir à distance ses navires. La veille, Pyongyang avait prévenu qu'il "n'excluait pas" un quatrième essai nucléaire, "sous une nouvelle forme", une allusion vraisemblablement à la mise au point d'une charge nucléaire suffisamment petite pour être fixée sur une ogive.

Les missiles, une réponse de colère

Les experts estiment toutefois que le Nord ne maîtrise pas encore la technique nécessaire pour fabriquer une bombe atomique miniaturisée et pouvant donc être fixée sur un missile. La Corée du Nord a procédé à trois essais nucléaires: en octobre 2006, mai 2009 et février 2013.

Ces dernières semaines, Pyongyang a effectué plusieurs tirs de missiles de courte et moyenne portée, pour manifester sa colère face aux exercices militaires américano-sud-coréens qui ont démarré en février et doivent s'achever en avril. Ces exercices provoquent à chaque fois de vives protestations au Nord, qui les assimile à un entraînement à l'invasion du nord de la péninsule. Mercredi, le Nord a testé deux missiles de moyenne portée, capables en théorie d'atteindre le Japon, un geste qui lui a valu la condamnation du Conseil de sécurité de l'ONU.

Ce tir de missiles de moyenne portée, le premier depuis 2009, coïncidait avec la rencontre des dirigeants japonais, sud-coréens et américain à La Haye, qui présentaient ainsi un front uni face aux menaces nucléaires nord-coréennes, après des mois de différends entre Tokyo et Séoul.

A. G. avec AFP