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Birmanie: condamné pour avoir débranché le haut-parleur d'un temple bouddhiste

Une statue de Bouddha à Dambulla, au Sri Lanka (photo d'illustration)

Une statue de Bouddha à Dambulla, au Sri Lanka (photo d'illustration) - Ishara S. Kodikara - AFP

Un touriste néerlandais, exaspéré par le bruit émanant d'un temple de Mandalay, a décidé de couper les fils du haut-parleur du lieu de culte.

Cette histoire insolite n'a pas du tout faire rire les autorités locales. Un Néerlandais a été condamné jeudi à trois mois de détention en Birmanie pour avoir débranché le haut-parleur d’un temple bouddhiste de Mandalay en septembre. Excédé par le bruit venu du lieu de prière proche de son hôtel, il avait décidé de déconnecter les fils reliant l’amplificateur et les hauts-parleurs au moment du sermon.

La foule, en colère, l’avait alors suivi jusqu’à son hôtel, d’où il a été emmené ensuite en prison. Jeudi, il a été condamné pour “insulte à la religion”, ce qui est puni par le code pénal en Birmanie.

Ce n’est pas la première fois qu’un touriste est condamné pour “insulte à la religion”. En juillet, un touriste a été expulsé pour avoir arboré un tatouage de Bouddha à la jambe, une partie du corps considérée comme trop impure.

En 2015, un Néo-Zélandais et deux collègues birmans avaient été condamnés à deux ans et demi de prison après avoir utilisé une image de Bouddha pour promouvoir leur bar.

Une offense grave

Dans ce pays du sud-est de l’Asie, où le bouddhisme occupe une place importante dans la société - plus de 90% de la population pratique cette religion -, cet acte est considéré comme une offense grave.

Depuis quelques années, la Birmanie connaît une montée du bouddhisme radical. Porté par des moines extrémistes, ce mouvement appelle notamment au boycott des entreprises musulmanes. En 2012, des violences dans l’ouest du pays, où vit une importante communauté musulmane, avaient fait 200 morts.

F. H. avec AFP