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Après le séisme, Tokyo craint une catastrophe nucléaire

Le toit endommagé du réacteur numéro un de la centrale nucléaire Daiichi de Fukushima. Les autorités japonaises craignent une fusion du coeur de deux réacteurs de cette centrale nucléaire du Nord-Est endommagée par le séisme de vendredi, dont le bilan pou

Le toit endommagé du réacteur numéro un de la centrale nucléaire Daiichi de Fukushima. Les autorités japonaises craignent une fusion du coeur de deux réacteurs de cette centrale nucléaire du Nord-Est endommagée par le séisme de vendredi, dont le bilan pou - -

par Chris Meyers et Kim Kyung-hoon SENDAI, Japon (Reuters) - Les autorités japonaises craignent une fusion du coeur de deux réacteurs d'une centrale...

par Chris Meyers et Kim Kyung-hoon

SENDAI, Japon (Reuters) - Les autorités japonaises craignent une fusion du coeur de deux réacteurs d'une centrale nucléaire du Nord-Est endommagée par le séisme de vendredi, dont le bilan pourrait dépasser 10.000 morts.

Le chiffre, cinq fois supérieur à l'état actuel des estimations, a été avancé par la NHK, le télédiffuseur public, qui citait un représentant de la police.

Au lendemain du séisme de 8,9 degrés de magnitude et du tsunami dévastateur qui a suivi, une explosion puis une fuite radioactive se sont produites samedi au réacteur n°1 de la centrale Daiichi de Fukushima, 240 km au nord de Tokyo, dont le combustible serait entré partiellement en fusion.

Selon le gouvernement, ce scenario pourrait se répéter avec le réacteur n°3. L'accident, d'une gravité sans précédent depuis celui de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, en 1986, a d'ores et déjà suscité un vif débat sur la responsabilité des pouvoirs publics et sur les risques liés à l'industrie nucléaire dans un pays à forte activité sismique.

Les ingénieurs de Tokyo Electric Power Co (Tepco), opérateur de la centrale Daiichi, ont commencé à refroidir le coeur du réacteur n°3 à l'aide d'eau de mer pour éviter une nouvelle explosion, a fait savoir Tokyo, reconnaissant implicitement avoir réagi trop lentement avec le n°1.

"A la différence du réacteur n°1, nous avons ventilé et injecté de l'eau à un stade précoce", a expliqué Yukio Edano, secrétaire général du gouvernement lors d'une conférence de presse.

Une explosion n'affecterait probablement pas la structure qui renferme le coeur du réacteur, a-t-il toutefois assuré, jugeant peu probable que le combustible soit déjà entré en fusion, ce qui serait catastrophique.

PAS DE "MENACE IMMÉDIATE" DE CONTAMINATION

Il n'a en revanche pas exclu cette éventualité pour le réacteur n°1. "C'est une possibilité. Nous ne pouvons le confirmer parce que c'est à l'intérieur du réacteur, mais nous gérons la situation sur la base de cette présomption", a-t-il expliqué.

Selon David Lochbaum, directeur du programme de sûreté nucléaire à l'Union des scientifiques responsables, le recours à l'eau de mer signifie que le système de refroidissement est totalement hors service.

La radioactivité autour de la centrale dépasse le seuil de sécurité mais ne représente pas de "menace immédiate", assure quant à elle la compagnie Tepco.

Une évacuation a été ordonnée dans un rayon de 20 km autour de la centrale et 10 km autour des autres installations nucléaires situées à proximité. Environ 140.000 personnes ont quitté la région et les autorités s'apprêtent à distribuer des pastilles d'iode pour prévenir le développement de cancers de la thyroïde.

Cent quatre-vingt-dix personnes se trouvaient à moins de 10 km de la centrale lorsque la radioactivité a dépassé le seuil de sécurité et 22 contaminations ont été confirmées jusqu'ici.

Avant les révélations au sujet du réacteur n°3, l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies avait classé l'accident au niveau quatre sur une échelle qui en compte sept. Tchernobyl a atteint le septième échelon et l'accident de Three Miles Island, survenu en 1979 aux Etats-Unis, était de niveau cinq.

Dans les décombres du Nord-Est, les opérations de secours se poursuivent avec l'aide d'équipes étrangères, mais l'inquiétude s'accroît a mesure que l'on découvre l'ampleur de la catastrophe.

Selon l'agence de presse Kyodo, le contact a été perdu avec 10.000 personnes dans une localité du nord-est, soit plus de la moitié de la population. Une vingtaine de Français étaient toujours recherchés samedi. (voir )

Paris a dépêché une équipe de sauvetage-déblaiement d'une centaine de personnes ainsi que 49 tonnes de matériel.

Le gouvernement japonais devait se réunir dans la soirée pour évoquer les mesures économiques à prendre pour faire face aux conséquences de la catastrophe.

Pierre Sérisier et Jean-Philippe Lefief pour le service français