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Sécurité des écoles: la méthode américaine

Des policiers devant le collège Peter Rouget à Brooklyn, New York, déployés après une alerte à la bombe le 15 décembre dernier.

Des policiers devant le collège Peter Rouget à Brooklyn, New York, déployés après une alerte à la bombe le 15 décembre dernier. - AFP

Avec la multiplication, ces dix dernières années, des fusillades de masse dans les établissements scolaires, les Etats-Unis ont fait de la sécurité dans les écoles une priorité. Exercices réguliers de bouclage, patrouilles de police… Zoom sur l'arsenal sécuritaire déployé dans les écoles américaines.

"Le temps de l’insouciance est derrière nous", a prévenu Bernard Cazeneuve. La menace terroriste qui vise l'école républicaine, qualifiée d'"antichambre de l'Enfer" par Daesh, est prise très au sérieux par les autorités. Ce mercredi matin, le gouvernement a fait le point sur les nouvelles mesures de sécurisation des établissements scolaires, comme le déploiement de patrouilles mobiles, l'organisation obligatoire d'au moins un exercice de simulation attentat par an, ou encore la préparation psychologique des élèves à la menace terroriste.

Des mesures qui ne sont pas si éloignées de ce qui se fait de l'autre côté de l'Atlantique. Depuis l'année 1997, théâtre de cinq tueries de masse dans des écoles, les autorités fédérales américaines ont mis en place un vaste plan de sécurisation des établissements scolaires. Et en dix ans, les mesures de sécurité les plus radicales, bien que contestées, ont gagné du terrain. 

Exercices d'alerte et de bouclage

Pour la génération qui grandit dans le sillage des fusillades de Columbine (13 morts en 1999 dans le Colorado) et de Sandy Hook (28 morts en 2012 dans le Connecticut), les exercices d'entraînement sont devenus la routine. Désormais, ils intègrent le scénario du tueur fou. En maternelle, les tout-petits apprennent à se cacher entre les étagères et à se taire. Au lycée, les élèves sont sensibilisés aux risques que leurs smartphones - de la lumière de l'écran aux alertes des SMS - leur font courir. Certains établissements poussent même l'exercice jusqu'à mettre en scène une fausse fusillade, avec des responsables arpentant les couloirs à la manière d'un forcené.

La procédure est claire: au moindre doute, les enseignants doivent éteindre toutes les lumières, verrouiller leur salle de classe et ordonner aux élèves se cacher. Pendant ce temps-là, la direction de l’établissement est chargée d'appeler la police. Les parents, eux, sont aussitôt prévenus par texto.

  • Des établissements aux normes de sécurité renforcées

En dix ans, la quasi-totalité des Etats américains ont approuvé une législation très stricte. Les nouveaux bâtiments doivent être pourvus de portes qui se ferment de manière automatique, d'une entrée unique, de couloirs plus larges sans angles morts, d'un système de communication simplifié avec les forces de l'ordre. En cas de danger, les élèves peuvent contacter un numéro Vert.

Après le massacre de Columbine, une présence policière a été imposée dans les établissements: entre 20.000 et 30.000 agents y sont déployés quotidiennement. En outre, la plupart des lycées et universités sont pourvus de caméras de surveillance et de détecteurs de métaux. Après la tuerie de Newtown, certains Etats - comme l'Utah - ont même franchi un cap supplémentaire, en autorisant les professeurs à porter une arme en classe. Enfin, certaines écoles exigent des parents qu'ils leur fournissent une liste des personnes autorisées à venir chercher leur progéniture.

Prévention de la violence

En plus de l'arsenal sécuritaire, les écoles américaines ont renforcé les programmes d'aide psychologique et de prévention de la violence. De grandes campagnes nationales sont régulièrement lancées pour lutter contre l'intimidation et la violence dans les cours de récréation et sur Internet.

C. P.