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Présidentielle américaine: une appli pro-Clinton pour des échanges de votes en faveur de la candidate

Des citoyens américains votent de façon anticipée dans un bureau de vote de Chicago, dans l'Illinois, le 31 octobre 2016.

Des citoyens américains votent de façon anticipée dans un bureau de vote de Chicago, dans l'Illinois, le 31 octobre 2016. - Joshua Lott - AFP

Une application, créée par un supporter de Hillary Clinton, met en relation des électeurs de "swing states" avec des électeurs de places fortes démocrates et leur propose d'échanger leur vote. L'idée? Barrer la route au milliardaire Donald Trump, tout en accordant des voix aux petits candidats.

Son nom: #NeverTrump. Une application mobile a récemment vu le jour, proposant aux électeurs américains d’échanger leurs votes pour défaire Donald Trump lors de l’élection de ce mardi 8 novembre, rapportent plusieurs médias outre-Atlantique.

L’application met en relation des électeurs de "swing states", autrement dit des Etats-clés capables de faire basculer l’élection dans un sens ou dans l’autre, comme la Floride, qui souhaiteraient voter pour un petit parti mais redoutent de voir le candidat républicain être élu président des Etats-Unis, avec des citoyens vivant dans des Etats acquis à la candidate démocrate Hillary Clinton, comme la Californie.

Le principe? L’électeur du "swing state" (ou Etat-clé, en français) s’engage à voter pour Hillary Clinton contre la promesse, de la part de la personne avec qui il est mis en relation, de voter pour le petit candidat qui a les faveurs du premier. La candidate écologiste Jill Stein ou le libertarien Gary Johnson par exemple.

Soit un jeu à somme positive, si l’on en croit cette logique. En effet, voter "utile" dans le "swing state" permettrait à Hillary Clinton de gagner des voix pour battre Donald Trump, tandis que les petits partis, qui ont très peu de chances de l’emporter au niveau national, obtiendraient quand même des voix, alors que voter Hillary Clinton dans un Etat où elle doit l’emporter haut la main comme la Californie ne changerait pas grand chose. Et dans une élection qui s’annonce ultra-serrée, ces votes pourraient bien faire la différence.

Mettre en relation des opposants à Trump

La plateforme permet aux partenaires potentiels de discuter entre eux avant de décider si oui ou non ils veulent se promettre "d’échanger" leurs voix, détaille NBC News. Les électeurs peuvent même utiliser une carte pour sélectionner un swing state en particulier.

L’application a été créée par Amit Kumar, un supporter de Hillary Clinton, et son équipe de développeurs à Trimian, une entreprise de haute technologie de la Silicon Valley. D’après Amit Kumar, l'appli aurait été téléchargée plus de 25.000 fois depuis son lancement en septembre et près de 9.000 binômes auraient été créés. Le rythme des souscriptions se serait même accéléré ce week-end, juste avant l’élection.

"L’application, en elle-même, rassemble des personnes qui clairement ne sont pas d’accord - les électeurs de Jill Stein sont différents d’un électeur de Clinton ou de Johnson - mais ce qui se passe c’est que, quels que soient leurs programmes politiques, une large population est d’accord sur le fait qu’une présidence Trump serait désastreuse", explique Amit Kumar.

Une pratique critiquée

La pratique, qui existe depuis longtemps, a été rendue plus facile par les nouvelles technologies, permettant d’avoir plus aisément accès à des personnes vivant dans des Etats éloignés ou ayant d’autres préférences partisanes, souligne la chaîne américaine. Mais d’aucuns lui opposent plusieurs critiques. Se pose d’une part la question la confiance que l’on peut lui accorder. Comment être sûr en effet qu’un inconnu va vraiment appliquer la consigne de vote qu’on lui a donnée?

D’autres la voient pour leur part comme de la fraude électorale. En 2000, une fièvre autour de l’échange de votes s’était emparée des électeurs américains et plusieurs sites encourageant cette pratique étaient devenus populaires, rappelle NBC News. En réponse, plusieurs Etats républicains ont poursuivi lesdits sites, arguant qu’échanger des votes est illégal. Mais en 2007, une cour d'appel fédérale avait estimé que le fait de négocier son vote ne contrevenait pas au premier amendement de la Constitution américaine.

"Tant que les gens n’échangent pas contre des faveurs ou de l’argent", se défend Amit Kumar, cité par CNBC, "ce que vous faites dans le bureau de vote est votre liberté."

Violette Robinet