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Pour la première fois depuis 2013, un Américain a été exécuté sur la chaise électrique

Une salle de mise à mort dans l'Ohio, en août 2001.

Une salle de mise à mort dans l'Ohio, en août 2001. - Mike Simons - Getty - AFP

Condamné à mort en 1984, Edmund Zagorski a été exécuté sur la chaise électrique jeudi, dans le Tennessee. Lui même avait fait le choix de cette méthode, aujourd'hui peu utilisée.

Une première depuis 2013. Un Américain, qui préférait mourir par électrocution que par injection létale, a été exécuté sur la chaise électrique jeudi soir dans le Tennessee. La mort d'Edmund Zagorski, 63 ans, a été prononcée à 7h26 locales (1h26 du matin en France) dans le pénitencier de haute sécurité de Nashville, selon un communiqué des services correctionnels de cet Etat du sud.

Condamné en 1984

La chaise électrique, qui n'est plus autorisée que dans neuf Etats, n'avait pas servi depuis 2013 aux Etats-Unis. Ses derniers mots furent: "C'est parti", a déclaré son avocate Kelley Henry lors d'une conférence de presse, en décrivant comment son corps avait été sanglé pour éviter qu'il ne se dresse pendant l'électrocution.

"Il a reçu un choc violent avec le courant électrique", a-t-elle ajouté, en précisant que des éponges imbibées d'eau salée avaient été placées sur ses chevilles pour faciliter le passage du courant.

Zagorski avait été condamné à la peine capitale en 1984 dans le Tennessee, pour avoir tué et égorgé deux hommes qu'il avait attirés en promettant de leur vendre de la drogue.

Demande de dernière minute

Après 34 ans dans le couloir de la mort, il devait être exécuté en octobre par injection létale mais, à la dernière minute, il avait demandé à passer plutôt sur la chaise électrique.

En cas d'injection, "les 10 à 18 dernières minutes de sa vie seront une horreur absolue" alors que s'il est électrocuté, il ressentira "une douleur insoutenable, probablement pendant 15 à 30 secondes", avaient écrit ses avocats dans leur requête.

La chaise n'avait pas servi depuis onze ans

Le Tennessee autorisant les personnes condamnées avant 1999 à choisir entre ces deux modes d'exécution, le gouverneur de l'Etat Bill Haslam lui avait accordé un répit pour laisser aux services pénitenciers le temps de préparer la chaise électrique.

L'appareil, qui n'avait alors pas servi depuis 2007 dans cet Etat, "a été testé le 12 octobre", avait précisé jeudi une porte-parole des services pénitenciers du Tennessee, Neysa Taylor.

Les injections létales contestées

Selon un sondage réalisé en 2015, 54% des Américains jugent que la chaise électrique est une méthode d'exécution "cruelle et inhabituelle". Elle a été progressivement abandonnée après que des exécutions eurent mal tourné, la tête d'un détenu s'étant notamment enflammée en Floride en 1997.

Avant l'exécution de jeudi soir, elle n'avait été utilisée que pour quatorze exécutions sur près de 900 dans tout le pays depuis 2000. Dans ce contexte, le "choix" d'Edmund Zagorski "en dit long sur l'échec des injections létales", a commenté le directeur du Centre d'information sur la peine de mort (DPIC), Robert Dunham, avant la mise à mort.

Les injections létales sont la méthode d'exécution la plus fréquente aux Etats-Unis. Mais elles sont vivement contestées en raison de défaillances possibles de la drogue utilisée pour anesthésier les condamnés. 

A.S. avec AFP