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Le procès en destitution de Trump débutera probablement le jeudi 21 janvier

Donald Trump

Donald Trump - SAUL LOEB / AFP

La Chambre des représentants votera mercredi pour transmettre au Sénat l'acte d'accusation contre Donald Trump, ultime étape avant l'ouverture du procès historique en destitution du président des Etats-Unis. Le procès devrait ensuite débuter le mardi 21 janvier.

Le procès en destitution de Donald Trump débutera probablement mardi 21 janvier, a déclaré ce mardi le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell.

Des "étapes préliminaires", comme la prestation de serment des sénateurs devant le chef de la Cour suprême chargé de superviser les débats, pourraient avoir lieu dès la fin de cette semaine, a-t-il précisé lors d'un échange avec la presse.

De son côté, la Chambre des représentants votera mercredi pour transmettre au Sénat l'acte d'accusation contre Donald Trump, ultime étape avant l'ouverture du procès historique en destitution du président des Etats-Unis.

La résolution nommera aussi les élus démocrates chargés de porter l'accusation contre Donald Trump, soupçonné d'avoir abusé de sa fonction pour forcer l'Ukraine à salir un de ses rivaux puis d'avoir entravé l'enquête du Congrès. Compte-tenu de la majorité démocrate à la chambre basse, cette résolution devrait, sauf coup de théâtre, être adoptée. 

Plus rien n'empêchera alors l'ouverture du procès de Donald Trump, le troisième d'un président dans toute l'histoire des Etats-Unis, très probablement avant la fin de la semaine.

"Non lieu" 

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, qui ne fait pas mystère de son intention de faire acquitter le locataire de la Maison Blanche, s'est dit prêt à agir vite. 

"La Chambre a fait suffisamment de mal, le Sénat est prêt à assumer ses responsabilités", a-t-il déclaré lundi dans l'enceinte de la chambre haute. Nancy Pelosi l'a toutefois accusé de s'être "rallié à l'idée d'une résolution sur un non lieu".

Le président a caressé lundi l'hypothèse d'un vote des sénateurs pour refermer le dossier sans même entendre les arguments des parties. "Beaucoup pensent qu'organiser un procès sans preuve, ni crime (...) plutôt que de prononcer un non-lieu donne du crédit à la chasse aux sorcières des démocrates", a-t-il tweeté. "Un non lieu étoufferait l'affaire", a rétorqué Nancy Pelosi. 

Après la mise en accusation de Donald Trump à la Chambre ("impeachment" en anglais"), la chef démocrate a retardé l'étape suivante pour tenter d'obtenir des garanties sur l'équité du procès. Elle a notamment tenté d'obtenir la convocation de quatre proches conseillers de Donald Trump, qui avaient reçu comme consigne de la Maison Blanche de ne pas coopérer à l'enquête de la Chambre.

Mitch McConnell, a refusé de s'engager à entendre ces témoins, estimant que la question pourrait être résolue une fois le procès ouvert. Compte-tenu du climat électrique au Congrès, il est peu probable qu'un accord émerge à ce sujet.

"Farce"

Les démocrates, qui comptent un soutien de 47 voix sur 100 au Sénat, sont conscients qu'ils n'ont quasiment aucune chance d'obtenir la destitution du président, une majorité des deux tiers étant nécessaire.

Mais ils espèrent faire émerger des informations embarrassantes pour le locataire de la Maison Blanche. Sans témoins ni documents additionnels, "le procès au Sénat deviendra une farce, une réunion télévisée pour un procès fictif", a reconnu lundi leur chef au Sénat, Chuck Schumer.

Les élus démocrates ont quasiment tous voté l'"impeachment", convaincus que Donald Trump a usé des moyens de l'Etat pour faire pression sur l'Ukraine, afin qu'elle annonce une enquête sur Joe Biden, qui pourrait être son adversaire lors de la présidentielle de novembre.

Ils reprochent notamment à Donald Trump d'avoir gelé une aide militaire cruciale pour ce pays en conflit armé avec son voisin russe, afin d'arriver à ses fins. Les républicains, qui font bloc autour de Donald Trump, dénoncent eux une "chasse aux sorcières" orchestrée par des démocrates qui, selon eux, ne se sont jamais remis de la victoire en 2016 de ce président atypique.

C.Bo. avec AFP