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Le gouvernement fixe un quota de chasse pour la tourterelle des bois

Une tourterelle des bois.

Une tourterelle des bois. - Wikimedia Commons - David King - CC BY 2.0

Le ministère de la Transition écologique a autorisé les chasseurs à tuer 18.000 tourterelles des bois pendant la saison 2019-2020, soit cinq fois mois que le nombre chasse jusqu'à présent. Il s'agit d'une espèce classée vulnérable.

Les chasseurs pourront tuer 18.000 tourterelles des bois pendant la saison 2019-2020, une espèce classée "vulnérable", selon un arrêté publié samedi au Journal officiel, soit cinq fois moins que le nombre chassé jusqu'à présent.

"Avant cet arrêté, aucun quota n'était fixé, ce qui conduisait à un prélèvement estimé à 92.000 oiseaux par an", souligne le ministère dans un communiqué. Ces oiseaux sont classés "vulnérable" en France et en Europe par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Le gouvernement prévoit aussi des mesures de "protection et restauration des habitats" et d'inviter via la Commission européenne ses voisins à prendre des mesures similaires car la tourterelle des bois est une espèce migratrice. "En Espagne (...) les chasseurs en prélèvent plus de 800.000 par an", selon le communiqué.

Trois espèces concernées

La tourterelle des bois fait partie des trois espèces d'oiseaux pour lesquelles le ministère a mis en place une gestion adaptative des espèces. Le nombre d'animaux pouvant être tués est fixé après expertise scientifique sur l'état de conservation de chaque espèce.

Pour la tourterelle des bois, un comité scientifique préconisait de ne la plus chasser, alors que la population a chuté de 80% en Europe ces 40 dernières années, ou, au pire, de tuer 1,3% des effectifs estimés en France, soit 18.300 oiseaux. Le projet d'arrêté ministériel prévoyait initialement d'en tuer 30.000.

Pour le courlis cendré, le ministère avait fixé un quota de 6.000 animaux pouvant être tués pendant la saison de chasse, quand les scientifiques recommandaient un moratoire. Le Conseil d'Etat, saisie par la Ligue de protection des oiseaux (LPO), a suspendu l'arrêté ministériel il y a quelques jours, provoquant la colère des chasseurs. Un troisième arrêté a reconduit la suspension de la chasse à la barge à queue noire.

Emmanuel Macron est très critiqué dans le camp écologiste pour ses mesures favorables aux chasseurs. Lorsqu'il avait claqué la porte du gouvernement fin août 2018, l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot avait critiqué le poids des lobbies, dont celui des chasseurs.

C.B avec AFP