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Fusillade de Las Vegas: au chevet des victimes, Trump élude la question des armes

Donald et Melania Trump, avec le personnel de santé de l'University Medical Center, à Las Vegas, le 4 octobre 2017.

Donald et Melania Trump, avec le personnel de santé de l'University Medical Center, à Las Vegas, le 4 octobre 2017. - Drew Angerer - AFP

Le président américain et son épouse Melania se sont rendus mercredi à Las Vegas, au chevet des victimes de la fusillade qui a fait 58 morts et plus de 500 blessés.

La question des armes a été soigneusement évitée. Deux jours après la fusillade qui a fait 58 morts et plus de 500 blessés, Donald Trump s'est rendu mercredi à Las Vegas, au chevet des blessés du carnage, tout en restant très prudent sur les mobiles du tueur, "un homme malade".

Accompagné de son épouse Melania, le président américain, qui a passé une demi-journée sur place, a choisi de concentrer sa visite sur un seul endroit, un hôpital, dans lequel il a pu passer un maximum de temps avec les blessés et les personnels de santé, après avoir rencontré les forces de police locales. 

"Nous ferons face ensemble à l'horreur"

"L'Amérique est véritablement un pays en deuil", a-t-il lancé dans lors d'un discours dans un hôpital de la ville endeuillée. Critiqué pour son manque d'empathie à l'égard des sinistrés de l'ouragan Maria à Porto Rico, Donald Trump a cette fois-ci misé sur l'unité, demandant aux Américains d'être forts:

"Dans les mois à venir, nous devrons tous faire face à l'horreur de ce qui s'est passé cette semaine. Nous y ferons face ensemble et nous la surmonterons ensemble", a-t-il dit. 

Le tireur, "un homme très malade"

S'il a longuement salué la mobilisation des "héros" - médecins, infirmiers, policiers - de cette sombre soirée et assuré être "100%" avec les victimes, qu'il a invitées à lui rendre visite à la Maison Blanche, Donald Trump est resté évasif sur l'avancée de l'enquête, se bornant à réaffirmer que le tireur était "un homme très malade".

Trois jours après ce drame qui a ébranlé l'Amérique, les autorités ont-elles une idée des raisons qui ont poussé un comptable retraité de 64 ans, inconnu des services de police, à ouvrir le feu depuis une chambre d'hôtel au 32e étage sur une foule assistant à un concert en contrebas, puis à se suicider? "Pas encore, nous cherchons", a simplement répondu le président américain.

La question des armes évitée

Comme à chaque fusillade de masse, le débat sur l'encadrement des ventes d'armes à feu a été relancé outre-Atlantique, plusieurs voix démocrates réclamant haut et fort un débat de fond et des initiatives législatives fortes.

Mais Donald Trump, soutenu pendant sa campagne par la National Rifle Association (NRA), la plus grande organisation du lobby des armes à feu aux Etats-Unis, a une nouvelle fois estimé que l'heure n'était pas venue d'aborder ce sujet. "Nous n'en parlerons pas aujourd'hui", a-t-il répondu, laconique, alors qu'il était interrogé sur la question par des journalistes.

Un clip sur fond de... musique country

Communication oblige, la visite présidentielle de quelques heures à Las Vegas a été soigneusement capturée en vidéo par la Maison Blanche, qui a sorti deux clips montés et accompagnés d'une bande musicale, que Donald Trump a lui-même relayés sur son compte Twitter. Objectif: le montrer comme un président efficace et proche des gens, et faire taire les polémiques des dernières semaines autour de sa gestion de l'aide à Porto Rico, territoire américain frappé de plein fouet par l'ouragan Maria.

Le premier clip montre le président américain rencontrant les policiers de Las Vegas, qui ont été les premiers à se rendre sur les lieux de la fusillade, sur fond de musique grave.

Le deuxième est un résumé de la visite de Donald Trump à l'hôpital, dans lequel on peut le voir discuter avec les personnels de santé, et se rendre au chevet des victimes alitées.

La bande-son n'a pas été choisie par hasard. Il s'agit d'une chanson du musicien country Lee Greenwood. Ce titre, nommé God Bless the USA ("Dieu bénisse l'Amérique"), est en quelque sorte devenu l'hymne de Donald Trump, avec son refrain disant "Fier d'être Américain". 

Adrienne Sigel