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La vidéo d'un père annonçant à son fils la mort de sa mère par overdose devient virale

Il se filme annonçant à son fils que sa mère est morte d’une overdose, la vidéo est vue 33 millions de fois.

Il se filme annonçant à son fils que sa mère est morte d’une overdose, la vidéo est vue 33 millions de fois. - Capture d'écran Facebook / Brenden Bickerstaff-Clark

Le père d'un enfant de huit ans s'est filmé en train d'annoncer à son fils que sa mère était morte d'une overdose. Une manière pour cet ancien toxicomane de sensibiliser aux dangers et à la réalité de la drogue. En quatre jours, la vidéo a été vue 33 millions de fois.

C'est une façon abrupte de faire de la prévention, mais le but a sans doute été atteint. Un Américain s'est filmé en train d'annoncer à son fils de huit ans que sa mère était morte la veille d'une overdose. La vidéo, postée lundi sur sa page Facebook, a déjà été vue plus de 33 millions de fois, commentée plus de 100.000 fois et partagée à plus de 700.000 reprises. Des images très dures, mais qui ont le mérite de mettre en lumière le destin d'une famille abîmée par la drogue.

"Maman est morte la nuit dernière", explique-t-il à son fils dans la vidéo. "Quoi?", lui répond le petit garçon, sous le choc, "tu veux dire ma mère?", répète-t-il, avant d'éclater en sanglots quand son père lui répond par l'affirmative. 

Voici la vidéo, reprise par le site de WKBN, une chaîne de télé locale qui a pris soin de flouter le visage du petit garçon.

Une démarche personnelle et pédagogique

L'auteur de la vidéo, un ancien toxicomane resté sobre depuis plus de trois mois, comme il le précise lui-même, a tenu à alerter les autres toxicomanes ayant des enfants. Une démarche très personnelle, donc, qu'il a longuement expliquée en postant la vidéo.

"Aujourd’hui j’ai dû annoncer à mon fils de huit ans que sa mère était morte d’une overdose la nuit dernière. C’est la réalisation et la réalité de notre maladie", peut-on lire dans son message. "Ne laissez pas cette maladie faire que des gens doivent dire à votre enfant que vous êtes mort à cause de la drogue. C’est l’une des choses les plus dures que j’ai eues à faire. Mon fils n’a plus de mère à cause de l’héroïne (...). S’il vous plaît, faites-vous aider afin que nos enfants n’aient pas à souffrir", écrit ce père de famille.  "Ce n’était pas mis en scène", poursuit-il. "C’était réel. J’ai demandé à quelqu'un de filmer cela pour que les toxicomanes qui ont des enfants puissent voir la gravité de notre épidémie. Je me remets moi-même de mon addiction avec 94 jours de sobriété aujourd'hui. Partagez s’il vous plaît et aidez peut-être à sauver la vie du parent d’un enfant."

Incompréhension et insultes

Sans surprise, la vidéo et son message ont effectivement été partagés. Mais pas à la hauteur de ce qu'il avait imaginé. Après avoir reçu une pluie de messages, faits d'insultes autant que d'encouragements, ce père originaire de l'Ohio s'est exprimé à nouveau vendredi, dans un second message.

Il y explique que sa démarche a provoqué beaucoup d'incompréhension, au sein même de sa famille, et précise que son fils était d'accord pour qu'il poste la vidéo. 

"Je veux juste dire que mon fils va bien. Il s’en sort très bien. Ce que j’ai fait a déchiré ma famille. La majeure partie de ma famille m’a renié. Littéralement. S’il vous plaît, laissez ma famille et mes amis tranquilles. J’ai pris cette décision tout seul. Ils n’ont rien à voir avec ça", explique-t-il. "Je n’avais aucune idée des réactions et partages et vues que j’aurais avec cette vidéo. A ceux que j’ai offensés, je veux dire que vous ne nous connaissez pas moi, ou mon fils, et vous ne savez pas ce que nous avons traversé. Alors arrêtez de juger. Mon fils s’en sort très bien et était tout à fait d’accord avec tout ça et m’a donné son accord pour que je poste la vidéo après que je lui en ai expliqué le but. A tous ceux qui nous soutiennent moi ou mon fils et ma décision d’essayer de sensibiliser d’autres toxicomanes, MERCI BEAUCOUP BEAUCOUP BEAUCOUP (…) Je veux juste continuer à mener une vie normale. C’est ce que ma guérison m’a permis d’avoir. Une vie normale", conclut-il. 

Charlie Vandekerkhove