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L'armée américaine envoie un bacille mortel à 18 labos par erreur

Un technicien dans un laboratoire de recherche médicale de l'armée dans le Maryland (illustration)

Un technicien dans un laboratoire de recherche médicale de l'armée dans le Maryland (illustration) - FBI - AFP

Pour l'heure, la présence de bacilles actifs n'a été identifiée que dans un laboratoire du Maryland. Par chance, personne n'a été contaminé mais cet incident n'est pas la première erreur de ce type outre-Atlantique.

Un laboratoire militaire américain a expédié par erreur des bacilles actifs de l'anthrax, ou maladie du charbon à 18 laboratoires américains, a indiqué le Pentagone jeudi. Une bévue a priori sans danger qui a tout de même conduit au traitement par précaution de quatre employés.

Les bacilles se trouvaient dans un lot qui avait été irradié pour tuer tous les bacilles actifs, puis partagé en plusieurs échantillons pour être expédiés à différents laboratoires. Au moins l'un de ces laboratoires, situé dans le Maryland, a constaté la présence de bacilles actifs le 22 mai dans son échantillon, et donné l'alerte aux autorités. Quatre employés de laboratoire dans le Texas, le Delaware et le Wisconsin ont été mis sous traitement antibiotique par précaution

Le laboratoire militaire américain à l'origine de l'envoi est le centre d'essai de Dugway, dans l'Utah. Il participe actuellement à un programme de recherche militaire visant à fabriquer des tests de détection des menaces biologiques qui soient utilisables sur le terrain, a précisé le colonel Steven Warren, porte-parole du Pentagone. L'irradiation du lot suspect avait eu lieu en mars 2014 au laboratoire de Dugway. Les échantillons ont ensuite été envoyés aux laboratoires privés jusqu'en avril 2015, selon le Pentagone.

22 personnes sous traitement préventif

Pour l'instant, la présence de bacilles actifs n'a été identifiée formellement que dans un seul laboratoire du Maryland, ont indiqué les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et le Pentagone. Mais 17 autres laboratoires, dont l'un situé sur la base militaire américaine d'Osan en Corée du Sud, ont reçu des échantillons provenant du même lot, et sont donc susceptibles d'avoir reçu eux aussi des bacilles actifs.

Les échantillons en question "sont transférés avec précaution" au CDC d'Atlanta pour analyse, a indiqué à l'AFP Jason McDonald, un porte-parole des CDC.

"Ils ont commencé à arriver, mais il faudra 5 jours de mise en culture" pour déterminer avec certitude s'ils contiennent des bacilles vivants ou non, a-t-il indiqué.

Vingt-deux militaires et personnels civils ont également été mis sous traitement préventif sur la base aérienne d'Osan, selon le Pentagone.

Ce n'est pas la première erreur 

Les laboratoires publics américains ont avoué l'année dernière plusieurs erreurs de manipulation de bactéries dangereuses. En juillet dernier, le directeur des CDC Tom Frieden avait reconnu devant le Congrès une série de manquements aux protocoles de sécurité dans ses propres laboratoires.

"Il y a eu une série de ratés dans des protocoles importants", avait-il admis, en pointant "un manque de culture" en matière de respect des procédures de sécurité.

Parmi les incidents recensés, qui n'avaient pas donné lieu à des contaminations, l'envoi dans trois laboratoires de bacilles de la maladie du charbon non désactivés, alors que ces laboratoires n'étaient pas équipés pour manipuler ces éléments dangereux.

la rédaction avec AFP