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John Kerry, l'homme de terrain récompensé par Barack Obama

Le sénateur démocrate John Kerry

Le sénateur démocrate John Kerry - -

PORTRAIT - L'ancien candidat à la présidentielle américaine, en 2004, doit succéder à Hillary Clinton au département d'Etat. Une juste récompense pour ce sénateur à la solide expérience internationale.

C'est une nomination avec un petit goût de revanche qui va porter John Kerry, 69 ans, à la tête du département d'Etat américain, vendredi. Candidat malheureux à la présidentielle de 2004 -il avait perdu face à George W. Bush-, le successeur désigné d'Hillary Clinton comme chef de la diplomatie américaine obtient-là un poste à sa mesure.

Car en près de trente années passées au Sénat, où il a été élu en 1984, John Kerry a acquis une solide expérience internationale.

Depuis son élection à la tête de la commission des Affaires étrangères du Sénat, fin 2008, John Kerry s'est rendu en Afghanistan, au Pakistan, en Egypte, en Israël, à Gaza, en Syrie, en Jordanie, au Darfour, à Pékin... C'est donc un homme de terrain qui portera désormais les couleurs de la diplomatie américaine, au sein de la nouvelle administration Obama, qui prendra ses fonctions en janvier prochain.

The "French guy"

Catholique, marié à l'héritière Heinz, Teresa, John Kerry est le fils d'un pilote de la Seconde Guerre Mondiale et diplomate. Il raconte s'être aventuré en vélo dans Berlin-Est, à l'époque où son père était en poste en Allemagne. Après des études à l'Université Yale, il s'engage dans l'armée et se bat au Vietnam -comme John McCain- avant de dénoncer la guerre publiquement à son retour en 1971.

Le grand public le connaît surtout pour son bras de fer face à George W. Bush, en 2004. John Kerry, qui se présente sous les couleurs démocrates, est alors critiqué par le camp républicain qui lui reproche... de parler français et même de ressembler à un Français.

Francophile assumé, John Kerry a aussi pour cousin un certain Brice Lalonde, l'écologiste français à la tête de la conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio+20).

L'élection perdue, John Kerry s'investit dans la vie de son parti et soutient Barack Obama dès janvier 2008 aux primaires démocrates, au dépens de son ancien colistier, John Edwards. Le futur président saura s'en souvenir.

Homme de confiance d'Obama

Après l'élection de Barack Obama, il est envoyé en émissaire sur les dossiers chauds de la diplomatie, notamment au Moyen-Orient. C'est lui que le président dépêche à Islamabad pour tenter d'apaiser en mai 2011 les alliés pakistanais, qui n'avaient pas été informés par Washington du raid contre Ben Laden, le chef d'Al-Qaïda, sur leur territoire.

En février 2009, il est l'un des trois parlementaires américains à visiter la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas, que les Etats-Unis considèrent comme un groupe terroriste. Il rencontre plusieurs fois le président syrien en 2010, avant le déclenchement de la rébellion dans le pays.

John Kerry convainc par son engagement, y compris dans les rangs des républicains. "Même si on n'est pas d'accord avec le sénateur Kerry sur certaines questions intérieures, il a fait du bon travail en tant que président de la commission des Affaires étrangères", notait le républicain Chuck Grassley il y a quelques jours. De quoi rassurer John Kerry qui devra recueillir une supermajorité parmi ses collègues du Sénat pour entrer en fonction, lors d'un vote qui devrait se tenir après l'investiture de Barack Obama, le 21 janvier prochain.