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Ferguson: le chef de la police, accusé de racisme, a démissionné

Un rapport a démontré les discriminations raciales dont est victime la population afro-américaine à Ferguson.

Un rapport a démontré les discriminations raciales dont est victime la population afro-américaine à Ferguson. - Michael B. Thomas - AFP

La mort de Michael Brown, un jeune homme noir tué par un policier blanc, avait entraîné de violentes émeutes au cours de l'été dernier . Un rapport a dernièrement pointé du doigt la discrimination dont est victime la population afro-américaine dans cette ville du Missouri.

Une conséquence de ces derniers mois tendus. Le chef de la police de Ferguson, une ville du Missouri qui avait été le théâtre d'émeutes après la mort d'un adolescent noir tué par un policier blanc en août dernier, a démissionné mercredi.

"C'est avec tristesse que j'annonce ma démission de chef de la police", écrit Thomas Jackson, 57 ans, dans une lettre publiée mercredi par le quotidien local Saint Louis Post-Dispatch. "La ville a besoin d'avancer", a-t-il poursuivi. 

Un rapport accablant

Le départ de Thomas Jackson intervient quelques jours seulement après la publication d'un rapport du département américain de la Justice, accablant pour les forces de l'ordre locales. Ce dernier pointe les discriminations raciales dont est victime la population afro-américaine de cette ville du centre des Etats-Unis.

Entre 2012 et 2014, les Afro-américains ont représenté 93% des personnes arrêtées par la police de Ferguson ou 95% des emprisonnements de plus de 48 heures, alors qu'ils représentent 67% de la population globale de la ville. Les automobilistes noirs ont également deux fois plus de chances de se faire contrôler que les conducteurs blancs. 

Aucune charge retenue contre le policier blanc

La démission de Thomas Jackson, en place depuis 2010, n'est pas la première. Mardi déjà, le "city manager" de Ferguson, l'équivalent du directeur des services de la ville, et le juge municipal Ronald Brockmeyer ont annoncé leur départ. Une responsable du tribunal, accusée d'être l'auteur de courriels racistes, a été licenciée et deux policiers, soupçonnés également d'en avoir envoyés, ont démissionné.

En août dernier, la mort d'un jeune homme noir, Michael Brown, lors d'un banal contrôle routier, avait mis le feu aux poudres. Après un grand jury, le ministère américain de la Justice avait décidé lui aussi de ne pas poursuivre le policier blanc, Darren Wilson, auteur des coups de feu mortels. Face aux violentes manifestations, le ministre de la Justice, Eric Folder, avait assuré qu'il utiliserait tous les moyens à sa disposition pour réformer les services de police de Ferguson. 

J.C. avec agences